Récompensée, l’UFE va pouvoir investir
Le 22-06-2008 par Arnaud Saint Jean
L’Université Française d’Egypte (UFE) reçoit une récompense de l’Institut de France. De quoi rendre possible quelques ambitions.
Pour l’Université Française d’Egypte (UFE), c'est un peu noël avant l'heure : récompensée par le prestigieux prix Louis D. de l’Institut de France, l'UFE a reçu, en plus des honneurs, un chèque de 750.000 euros. L'équivalent d'un tiers de son budget annuel de fonctionnement. "Sauf que cette somme, nous allons l'investir", précise Bernard Filllion-Dufouleur, vice-Président enthousiaste de UFE. "Nous allons pouvoir équiper complètement les laboratoires de notre faculté d'ingénierie. Nous fonctionnions jusqu'à présent à minima; nous disposerons maintenant de vrais labos de recherche. Nous allons également mettre en place une plateforme numérique de travail, qui centralisera des cours, des ressources, et des outils destinés aux étudiants. Nos trois facultés en profiteront rapidement."
Francophone, mais trilingue
Créée en 2002, comme "la concrétisation des relations privilégiées entre la France et l'Egypte" (selon les mots des présidents Moubarak et Chirac), l'UFE compte aujourd’hui trois facultés : Ingénierie, Langues Appliquées et Gestion et Systèmes d'Information. Seule université privée en Egypte à but non lucratif, l’UFE vit exclusivement grâce au mécénat, aux droits d’inscription et à quelques aides de l’état français. "Cette enveloppe est une vraie bouffée d’oxygène pour nous", explique Bernard Filllion-Dufouleur. "Mais il n’y a pas que cette aide financière qui compte. Ce prix est une formidable reconnaissance de notre travail. Même si la fondation Louis D. met en valeur notre mission en faveur de la francophonie, il ne faut pas oublier que notre enseignement est trilingue ; une vraie valeur ajoutée pour nos étudiants."
Projet de nouveau département
Depuis sa création, le nombre d’inscriptions à l’UFE a logiquement augmenté, sans toutefois déclencher des mouvements de foule. L’université prévoit d’accueillir 800 étudiants d’ici 2012. "Un objectif raisonnable, dans l’état actuel des formations proposées", selon son vice-directeur. "C’est vrai que nos effectifs ne sont pas encore ceux que nous voudrions, mais notre objectif n’est pas non plus d’attirer des masses d’étudiants. Pour reprendre un terme de marketing, nous sommes une université de niche."
Forte de ces nouveaux moyens financiers, l’UFE ne cache pas pour autant ses ambitions : un département d’architecture et de restauration serait en voie de création. Quand aux nouveaux équipements tant attendus, "beaucoup ont déjà été commandés", avoue Bernard Filllion-Dufouleur. Prévenue plusieurs semaines à l’avance, l’UFE a pris un peu d’avance sur son prix.
Commentaires
D. Barthelemy
Bravo! Le montant élevé de ce prix nous autorise à rêver à un projet cohérent pour le soutien de la langue française en Egypte. Savez-vous combien d'étudiants se sont inscrits à l'UFE en 2007-2008? Combien de bacheliers égyptiens des écoles francophones, susceptibles de rejoindre l'UFE à la rentrée 2008, ont-ils été reçus ? Quels sont les moyens donnés aux écoles francophones d'Egypte pour préparer les futurs étudiants de l'UFE? Parce que, parmi les bacheliers du lycée français, un très petit nombre seulement poursuit des études universitaires en Egypte-la plupart se dirigent vers l'Europe…Et parmi eux, j’ai entendu parler d’inscription à l’université allemande en section pharmacie, ainsi que l’université américaine.. rien du côté de l’UFE…

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