Inflation : +21% en mai
Le 15-06-2008 par Guillaume de Dieuleveult
La hausse des prix est de plus en plus forte et touche les plus pauvres.
L'inflation bat encore des records sur le marché égyptien. La semaine dernière, l'agence officielle des statistiques égyptiennes, la Capmas, a annoncé une hausse des prix de 21% pour mai 2008, par rapport à mai 2007. Selon la Capmas, cette augmentation globale des prix est d'abord due à celle du pain: 50,8% d'après l'AFP. Mais les autres produits alimentaires ne sont pas en reste, comme l'huile (51,2%), les fruits (34,9%), les légumes (27,6%) ou la viande (24,5%).
En mars dernier, le Programme Alimentaire Mondial avait estimé que le panier moyen d'un ménage égyptien avait augmenté de 50% depuis le début de l'année 2008. Cette hausse apparemment incontrôlée des prix a généré de très fortes tensions sociales face auxquelles le gouvernement égyptien semble avoir d'abord été démuni. L'Etat a finalement repris la main avec une série de mesure destinées à augmenter le pouvoir d'achat des classes moyennes, comme le relevait la mission économique du Caire récemment : "avec leurs initiatives récentes, les autorités se sont efforcées de calmer le jeu et la situation s'est incontestablement normalisée depuis lors. Il y a eu tout d'abord la décision très populaire annoncée le 1er mai d'augmenter de 30 % les bas salaires des agents publics, mesure qui a été étendue ensuite à tous les salariés. Les petites retraites ont été revalorisées pour leur part de 20 %."
Mais ce que le gouvernement égyptien a donné d’une main, il l’a repris de l’autre, rappelle la Mission Economique : "cinq jours plus tard, afin de permettre aux finances publiques de retrouver une plus grande marge de manœuvre, les prix à la pompe des carburants ont été fortement révisés à la hausse : + 35 % pour l'essence normale et, surtout + 46,6 % pour le gazole, de loin le carburant le plus consommé. Le prix du tabac a également été augmenté de 10 à 33 % selon les marques. Déjouant les prédictions alarmistes des Cassandre, ces mesures n'ont pourtant provoqué ni désordres ni émeutes, comme si la population avait déjà largement anticipé ces hausses." Ces mesures ont pourtant tendance à peser encore sur la tendance inflationniste en Egypte.
Mais avec un PIB autour de 8%, la croissance est toujours bien présente. Les rentes du pays (tourisme, canal de Suez) et les retombées de l’explosion des cours du pétrole sur les économies de la région profitent à plein au pays. Une croissance dont ne bénéficie qu'une petite partie de la population. 44% des Egyptiens vivraient sous le seuil de pauvreté (moins de 2 dollars par jour). Ce sont eux qui subissent de plein fouet les conséquences de la hausse des prix des denrées alimentaires.

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