Numéro 75, semaine du dimanche 05 octobre 2008

le magazine francophone d'Egypte


La société civile passée au crible

Le 25-05-2008 par Arnaud Saint Jean

Réalisé en coopération avec le Pnud, le rapport 2008 sur le développement humain en Egypte tente un portrait exhaustif de la société civile en Egypte et s'interroge sur son rôle.

HDR 2008"La société civile en Egypte est en plein processus de changement. L'idéologie de la révolution de 1952 avait favorisé un régime centralisé. Ces dernières années, les bénéfices de la libéralisation économique ont offert une place croissante à la société civile. Mais la réforme sociale n'est pas allée de pair avec les mesures libérales pour stimuler une économie ouverte, même si personne ne peut nier que la société civile égyptienne a bien plus de voix aujourd'hui, que dans un passé récent. (…) Ce rapport souligne le rôle clé qui doit être joué par la société civile et ses organisations en Egypte, comme catalyseurs pour le changement, au sein d'un nouveau contrat social émergent."

Pas de manichéisme

C'est sur ce constat que s'ouvre le rapport 2008 sur le développement humain en Egypte. Publié tous les ans depuis 1994, ce pavé de plus de 300 pages présente l'intérêt d'être réalisé par l'Institut égyptien du Planning National, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Une mixité qui permet d'éviter l'orientation partisane qui peut qualifier ce genre d'exercice. En clair, ce rapport ne nie pas les difficultés rencontrées par les organisations de la société civile égyptienne, ni les nombreux défis qui l'attendent, mais n'occulte pas pour autant les progrès observés.

Toujours plus d’associations

Début 2007, les chiffres officiels du ministère de la Solidarité sociale répertoriaient 21.500 ONG en Egypte. La même année, la Fédération Egyptienne des Associations n'en dénombrait que 15.000. Un écart dû, selon le rapport, à des problèmes de classification et à un dialogue encore trop faible entre acteurs de la société civile et institutions. Pour la mise en perspective, une comparaison est faite avec le Maroc qui, entre 2004 et 2006, a vu apparaître plus de 14.000 nouvelles organisations, contre à peine 1500 en Egypte.

Les droits de l’homme : parents pauvres

Les organisations caritatives restent de loin les plus nombreuses en Egypte, loin devant les organisations de développement et celles de défense. Malgré une nette augmentation récemment, ces dernières restent le parent pauvre de la sphère associative : face aux 14.000 association caritatives, on ne dénombre que 61 organisations de défense des droits de l'homme. Largement moins que celles de défense de l'environnement (71) ou des consommateurs (plus de 600). Les chiffres parlent d'eux mêmes et le constat – évident - est souligné dans le rapport.

"La société civile continue à être restreinte"

"La société civile continue à être restreinte dans sa capacité à agir librement. De plus, les organisations de la société civile continuent de recevoir des signaux contradictoires sur la tolérance de l'Etat, surtout en ce qui concerne les organisations de droits de l'homme, les organisations professionnelles et celles percevant des financements étrangers. L'intervention de l'état et de ses organes de surveillance entravent toujours leur liberté d'action et les mesures de la sécurité d'état semblent parfois plus influentes que la loi elle-même."

TOUT SAVOIR - Téléchargez le rapport (pdf)  "Contrat social en Egypte : rôle de la société civile"


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