L'avenir du moyen orient se discute à Charm el Cheikh
Le 18-05-2008 par Arnaud Saint Jean
Le forum économique mondial pour le Moyen Orient s'ouvre aujourd’hui à Charm el Cheikh, entre ambitions économiques et enjeux politiques.

"Apprendre du futur". Le thème officiel du forum économique mondial pour le Moyen-Orient joue la carte du volontarisme. Quelques 1.500 personnes, leaders économiques, industriels, politiques - dont des ministres et chefs d'Etat de 55 pays - sont attendues de dimanche à mardi dans la station de Charm el Cheikh, au sud du Sinaï. Pendant trois jours, autour de conférences thématiques, les participants s'interrogeront sur l'avenir économique et politique de la région. Organisé une année sur deux en Egypte - en alternance avec la Jordanie - le "Davos du Moyen-Orient" se veut à la fois source de réflexion et acteur influent du développement de la région.
Une région à la croissance réelle mais bancale, symbolisée à la fois par les disparités de croissance entre ses pays et le contexte politique particulier. Dans son rapport 2007 sur les risques globaux encourus par la région - réflexion collective soulignant les lignes de faiblesse et dressant des scénarios de grandes crises, le Forum économique identifie le Moyen-Orient comme région à risques multiples :
"Le Moyen-Orient est un point central pour les risques globaux. C'est particulièrement clair avec le risque géopolitique - avec une haute concentration d'évènements déstabilisateurs prenant leurs sources dans cette région. C'est aussi vrai pour deux des grands risques globaux de ce début du XXIe siècle : la sécurité énergétique et le changement climatique. Certaines économies du Moyen-Orient (particulièrement celles du Golfe) sont profondément intégrées aux échanges et mouvements financiers mondiaux. D'autres, le plus souvent les marchés les plus gros de la région, n'ont toujours pas dépassé la prédominance du secteur gouvernemental et demeurent donc relativement peu attirantes pour les investissements étrangers. Les vulnérabilités de ces économies - et des différentes structures politiques, géographiques et religieuses, à travers la région - signifient inévitablement que les risques globaux s'y exprimeront de façons variées."
Avec George Bush en invité d’honneur, la politique s'invite au forum
Conflit israélo-palestinien, guerre en Iraq, crise libanaise, dossiers syrien et iranien, grogne sociale en Egypte… le Forum économique devra cette fois encore composer avec un facteur politique prédominant. D’autant que cette édition représente aussi la dernière tournée régionale de Georges W. Bush.
Le président américain, en provenance d’Arabie Saoudite, inaugurera le Forum aux côtés d’Hosni Moubarak. Dans un contexte morose : le dossier israélo-palestinien au point mort. Interrogé samedi à ce sujet, le président américain a répété son objectif, qu'il devrait répéter devant les participants du Forum : "je crois que nous pouvons réussir à définir un Etat (palestinien) avant la fin de ma présidence, et nous travaillerons dur pour atteindre cet objectif (...) chacune de ces rencontres nous aide à avancer vers l'objectif qui est de définir un Etat (...) et je crois que nous pouvons y arriver, et je sais que cela sera important pour la paix au Proche-Orient."
Pour l’administration américaine, l’objectif réel de ce Davos n’est surement pas économique : éviter le constat d’échec.

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