L'Egypte présente à Israël son accord inter palestinien
Le 11-05-2008 par Arnaud Saint Jean
Deux semaines après avoir arraché un accord entre les différentes factions palestiniennes, le chef des renseignements égyptiens se rend en Israël pour y présenter son plan.
Fin avril, 12 groupes palestiniens réunis au Caire se mettaient d'accord sur un projet de cessez-le-feu avec Israël, avec en ligne de mire un double objectif : retrouver l'unité inter palestinienne perdue depuis la prise du pouvoir à Gaza par le Hamas et forcer Israël, par ce geste de bonne volonté, à lever son blocus sur la bande de Gaza. Unique bémol à ce difficile consensus, le Jihad islamique, responsable de la majorité des tirs de roquettes contre Israël, a refusé de signer l'accord, s'engageant tout de même à ne pas y faire barrage, tant qu'Israël n'attaquerait pas les territoires occupés.
Succès politique du Hamas
Succès diplomatique pour l'Egypte, qui affirme ainsi son influence régionale et son statut d'interlocuteur des deux bords, ce texte apparaît aussi comme une victoire politique du Hamas. Le groupe armé a en effet réussi à faire adopter sa principale revendication : que cette trêve soit progressive, d'abord appliquée à la bande de Gaza, puis étendue à la Cisjordanie. Surtout, le groupe au pouvoir à Gaza s'impose de façon indirecte dans la discussion avec Israël, qui refuse toujours le dialogue avec ce "groupe terroriste".
Principal artisan de ces accords, Omar Souleimane , le chef des renseignements égyptiens, est attendu lundi pour présenter le projet aux autorités israéliennes. Celui qui jouit du rare privilège d'être respecté par les deux bords n'aura pas la tâche facile. Dès la signature de l'accord inter palestinien, Israël avait exprimé son scepticisme, accusant le Hamas de vouloir gagner du temps pour se réarmer. Par la voix de son ambassadeur au Caire, Israël avait rappelé ses conditions : "pour être durable et réel, un retour au calme doit s'accompagner de trois points: absence totale de tirs de Gaza contre Israël, cessation absolue des attaques terroristes, et fin du trafic d'armes dans la bande de Gaza".
Surtout, au lendemain de ces accords, un raid israélien faisait plusieurs morts dans la bande de Gaza, dont un responsable du Hamas.
"Rien n’est sur la table"
Selon l'AFP, le ministre israélien de la Défense, Matan Vilnaï, aurait déclaré dimanche à la radio publique attendre sereinement la venue de la délégation égyptienne : "Omar Souleimane va venir chez nous, nous allons l'écouter, on va voir ce qu'il propose et après nous prendrons des décisions, mais pour le moment rien n'est sur la table. Il faut réfléchir à l'initiative des Egyptiens qui constituent un élément stratégique important dans la région."
L'Egypte, seul pays arabe avec la Jordanie à avoir signé un accord de paix avec Israël, est également le meilleur allié régional des Etats-Unis et de l'Union européenne. Si ses efforts diplomatiques s'expliquent entre autres par les enjeux sécuritaires de sa frontière avec la bande de Gaza, la venue prochaine de Georges Bush n'y est certainement pas étrangère.
Le président américain, qui souhaite un règlement du conflit israélo-palestinien avant son départ de la maison blanche dans les prochains mois, ne peut ignorer un accord inter palestinien, d'autant plus s'il laisse à l'Egypte de traiter directement avec le Hamas.
Avec l'AFP
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