Moubarak veut plus d’investissements français
Le 27-04-2008 par Guillaume de Dieuleveult
En visite à Paris, le président égyptien a appelé les entreprises françaises à "investir davantage" dans son pays. Pourtant la France est le premier investisseur étranger en Egypte.
Rien ne semble apaiser la soif d’investissements de l’économie égyptienne. En visite à Paris la semaine dernière, le président Hosni Moubarak a profité d’une rencontre avec les entreprises françaises pour les appeler à "investir davantage" dans son pays.
"J'invite les investisseurs en France à considérer l'Egypte comme la porte d'entrée vers les marchés du Moyen-Orient et de l'Afrique" et à y "investir davantage dans les secteurs du BTP, des technologies de l'information et de la communication, du tourisme, des banques et des finances, ainsi que dans les énergies classiques et renouvelables", a déclaré Hosni Moubarak.
La France est pourtant le premier investisseur étranger en Egypte. En 2007, elle y comptait une centaine d’entreprises qui faisaient travailler environ 40 000 personnes. Les capitaux français investis en Egypte s’élèveraient à plus de 3 milliards d’euros, estime la mission économique du Caire.
La présence française en Egypte connaît des épisodes glorieux, comme fin 2007 le rachat d’Orascom Cement par Lafarge. Une transaction dont le montant s’est élevé à 8,8 milliards d’euros. Plus récemment, Saint-Gobain a annoncé la construction d’une usine de verre en Egypte, pour 117 millions d’euros.
Tassement des ventes françaises
Mais les relations économiques franco-égyptiennes pourraient gagner en intensité. Le bilan des échanges commerciaux est médiocre. En 2007, les ventes françaises ont baissé de 9,3% par rapport à 2006. Ce "tassement", estime la mission économique du Caire, est dû à "l’excessive dépendance de nos ventes par rapport aux livraisons d’avions et de blé, qui connaissent de très fortes variations annuelles." Une dépendance dont la France pourrait s’affranchir grâce à une diversification croissante des exportations françaises vers l’Egypte, estime la mission économique du Caire. De leur côté, les exportations égyptiennes vers la France ont reculé de 19,5% en 2007.
Pour devenir solidement attractive, l’Egypte a encore un long chemin à parcourir. Le pays souffre de handicaps dont il n’a pas réussi à se débarrasser malgré quatre années de "réformes". Principalement, une administration pléthorique grippant toujours les rouages de l’Etat et un effort insuffisant de modernisation des infrastructures.
"Les autorités égyptiennes n'ont à l'évidence pas d'autre choix que de poursuivre avec détermination leur politique de réforme et d'ouverture pour augmenter la productivité et donner toute sa place à l'initiative privée. Le dynamisme actuel de la croissance régionale et mondiale leur donne à cet égard une marge de manœuvre qu'elles ont tout intérêt à mettre à profit", estime la mission économique du Caire.

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