Numéro 71, semaine du dimanche 06 juillet 2008

le magazine francophone d'Egypte


Au Caire, Jimmy Carter dialogue avec le Hamas

Le 20-04-2008 par Arnaud Saint Jean

En tournée personnelle dans la région l'ancien président américain est allé contre les opinions américaines et israéliennes, en dialoguant avec des responsables du Hamas.

Jimmy Carter et Mahmoud Abbas"Je ne suis pas un négociateur, j'essaie juste de comprendre les différentes opinions." En cette seule phrase, prononcée la semaine dernière à Ramallah en Cisjordanie, l'ancien président américain Jimmy Carter résume les motivations de sa tournée régionale.

Pour celui qui reçut le prix Nobel de la paix, pour son implication dans les accords de Camp David, rien ne doit être épargné pour redonner une chance au dialogue israélo-palestinien. Ni son temps, qu'il dédit depuis une semaine à cette tournée dans la région. Ni la volée de critiques qu'il a essuyé, en annonçant vouloir rencontrer des responsables du Hamas et le dirigeant syrien. Rapidement, la maison blanche s'est désolidarisée de Carter, rappelant qu'il n'est l'envoyé officiel de personne, surtout pas de Washington. "J'ai du mal à comprendre ce qu'il y a à gagner à discuter de la paix avec le Hamas, alors que le Hamas est en fait le principal obstacle à la paix", avait déclaré Condolezza Rice.

Carter boudé par les Israéliens

En Israël, où il a entamé sa tournée, Jimmy Carter a été boudé par tout le gouvernement, le premier ministre Ehud Olmert en tête : "si j'avais rencontré Jimmy Carter, deux jours avant qu'il ne rencontre Khaled Méchaal, cela serait apparu comme un semblant de négociation entre nous et le Hamas", s'est-il justifié dans un journal israélien.

Depuis sa prise du pouvoir par la force dans la bande de Gaza, le Hamas est boycotté de tout dialogue avec les autorités israéliennes et américaines, qui le maintiennent sur leur liste des organisations terroristes. Israël refuse tout dialogue tant que les tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza ne cesseront pas. En attendant, le gouvernement israélien impose un blocus quasi-total sur la bande de Gaza, coupée du monde.

Jauger les motivations du Hamas


Interdit d'entrer dans les territoires palestiniens à partir d'Israël, Jimmy Carter a donc invité deux hauts responsables du Hamas en Egypte, avant de se rendre à Damas pour discuter avec le chef exilé du groupe islamique, Khaled Méchaal. Pour l’ancien président américain, l’objectif est double : convaincre le Hamas de renouer le lien avec le Fatah de Mahmoud Abbas – unique interlocuteur palestinien reconnu aujourd’hui par les Etats-Unis et Israël – et jauger le potentiel de concessions du groupe islamiste, pour savoir "s'ils peuvent faire preuve de souplesse, pour tenter de les convaincre de cesser toute attaque contre des civils innocents en Israël et de coopérer avec le Fatah en tant que groupe qui unit les Palestiniens", comme il l’a résumé sur la chaîne ABC la veille de sa tournée.

Si aucun commentaire n’a filtré de la rencontre au Caire, le Hamas en a profité pour promettre que le soldat israélien Gilad Shalit, enlevé par des activistes palestiniens près de la frontière avec Gaza en juin 2006, serait immédiatement relâché si Israël libère les prisonniers palestiniens réclamés par le Hamas.


Commentaires

Kat

Belle initiative. L'espoir se tourne vers des hommes de paix comme Mr Carter, Mr Kofi Annan, et d'autres, car oui, des hommes oeuvrent pour la paix. Je sais pas ce que vous en pensez mais,en ce dimanche matin, ca fait du bien de croire en eux!


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