Anne-Marie Idrac fait la promotion de la France
Le 06-04-2008 par Guillaume de Dieuleveult
Lors d’un passage de 48 heures au Caire, la nouvelle secrétaire d’Etat au commerce extérieur a tenté d’intensifier les relations économiques franco-égyptiennes.
En ballerines et casque de chantier, Anne-Marie Idrac était comme chez elle, lundi dernier, alors qu’elle visitait le chantier du la ligne 3 du métro du Caire. Pour l’ancienne présidente de la SNCF et de la RATP, cette visite était une étape évidente dans un voyage de 48 heures en Egypte. Son premier à l’étranger depuis sa récente nomination au poste de secrétaire d’Etat au commerce extérieur.
En deux jours, la ministre a rencontré sept ministres égyptiens et visité des symboles de l’implantation française en Egypte : Valeo, Alcatel.
Infrastructures: les besoins sont immenses
Devant la presse, elle a expliqué que la France portait une attention particulière au secteur des nouvelles technologies et au développement des infrastructures en Egypte. Lundi dernier, lors d’une rencontre avec Mohamed Mansour, le ministre égyptien des Transports, la secrétaire d’Etat a eu droit à un aperçu des grands projets de développement égyptiens. Train reliant le Caire aux villes de la périphérie, développement portuaire, autoroutes : les besoins égyptiens sont immenses, les perspectives industrielles également et la Fance compte bien prendre une grosse part du gâteau. Anne-Marie Idrac a d’ailleurs annoncé qu’elle était prête à accorder un prêt avantageux à l’Egypte pour le financement des études du métro (fin de la ligne 3 et début de la ligne 4)… à condition qu’une entreprise française soit choisie. Une façon de placer les pions de la France pour les chantiers à venir.
Nucléaire
La secrétaire d’Etat a également insisté pour rencontrer Hassan Younes, le ministre égyptien de l’Energie ; une rencontre qui n’était pas prévue initialement. L’Egypte, qui a relancé son programme nucléaire, veut construire quatre centrales. Le président Moubarak a signé fin mars un accord de coopération nucléaire avec la Russie. La France compte aussi faire valoir son expérience : "chacun sait que la France est l’un des rare pays dans le monde à maîtriser la production d’électricité nucléaire", a rappelé la ministre devant la presse avant d’évoquer un protocole de coopération nucléaire liant la France et l’Egypte. "Il date de 1981, une des hypothèses serait de relancer ce protocole", a suggéré Anne-Marie Idrac.
La France, premier investisseur étranger en Egypte
En 2007, la France est devenue le premier investisseur étranger dans le pays. Dernier événement en date, l’annonce par Saint Gobain de la construction d’une usine de verre, pour 117 millions d’euros. Fin 2007, Lafarge avait acheté Orascom Cement, leader cimentier du Moyen Orient, pour 8,8 milliards d’euros. En 2007, la France comptait une centaine d’entreprises en Egypte. Cela représente un capital de plus de 3 milliards d’euros et environ 40 000 salariés selon la Mission Economique du Caire.
Mais le bilan des échanges commerciaux franco-égyptien est médiocre. En 2007, les ventes françaises ont baissé de 9,3% par rapport à 2006. De leur côté, les exportations égyptiennes vers la France reculaient de 19,5%. Mais "hors blé et aéronautique, les exportations (françaises) sont passées de 858 millions en 2005 à 926 millions en 2006 et 998 millions en 2007, reflétant incontestablement une plus grande diversification de notre commerce", tempère la mission économique du Caire.

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