Avant les élections municipales, l’opposition sous pression
Le 16-03-2008 par Guillaume de Dieuleveult
Le climat de répression dans lequel se déroule la préparation des élections municipales en Egypte pèse sur l’ensemble du paysage politique.
Jeudi 13 mars, dernier jour pour le dépôt des candidatures aux élections municipales égyptiennes, les Frères Musulmans ont annoncé qu’ils n’étaient parvenus à enregistrer que 438 des 5 159 candidats qu’ils comptaient présenter. La confrérie, interdite en Egypte, a souffert du climat de répression systématique dans lequel se préparent les élections municipales prévues le 8 avril. Préoccupés par ce manque de démocratie, les Etats-Unis ont déclaré mercredi être "inquiets de la poursuite, en Egypte, d'une campagne d'arrestations d'opposants au parti actuellement au gouvernement".
Depuis le 14 février, 382 membres de la confrérie ont été arrêtés. Des rafles visant les Frères Musulmans ont été organisées dans tout le pays. Objectif : empêcher la confrérie de présenter des candidats aux élections municipales du 8 avril. "Tout frère musulman surpris en train de préparer ces élections sera placé en détention", a déclaré un responsable des services sécurité à l’Agence France Presse.
Climat délétère
Ce climat délétère pèse sur l’ensemble du paysage politique égyptien. Cette semaine, le parti Al Wafd, pourtant autorisé par le pouvoir, a menacé de boycotter l’ensemble de l’élection municipale "en raison du déploiement par le PND (Parti National Démocratique, au pouvoir) de bandits munis d’armes blanches autour des bureaux chargés de recevoir les dossiers des candidats."
Comme l’ensemble des élections en Egypte, les municipales sont généralement contrôlées par le PND. La montée des Frères Musulmans aux élections législatives de 2005 avait provoqué la crainte du gouvernement. Désireux d’éviter une seconde victoire du mouvement islamiste, il avait repoussé à 2008 les élections municipales prévues initialement en 2006.
Élections locales, enjeu national
En Egypte, les maires sont nommés par le ministère de l’intérieur. Seuls les conseillers municipaux de 4617 villages sont donc concernés par les élections du 8 avril. Ces élus locaux ont peu de responsabilités politiques.
Mais l’enjeu de ces élections locales est bien national. Un amendement constitutionnel de 2005 prévoit que les candidats aux élections présidentielles doivent réunir des signatures d’élus, dont celles de 10 membres de conseils municipaux. Les prochaines élections présidentielles doivent avoir lieu en 2011 et les Frères Musulmans comptent certainement y participer.

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