Ministres cherchent un terrain d'entente
Le 09-03-2008 par Louise Sarant
Les 22 ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se sont réunis au Caire pour discuter du sommet de Damas, dans un climat diplomatique chargé.
Au cœur des discussions, la crise politique libanaise. De nombreux pays arabes posent comme condition à leur participation au sommet de Damas que le pays du cèdre soit doté d’un président avant l’ouverture du sommet. Amr Moussa, le président de la Ligue arabe, a par ailleurs déclaré au quotidien arabe "El Hayat" que "certains leaders considèrent l’élection d’un président libanais comme une condition et une nécessité pour le succès du sommet de Damas."
Les pays arabes modérés accusent la Syrie et ses alliés libanais du Hezbollah d’être responsable de l’impasse politique qui plombe le pays depuis 3 mois. En janvier dernier, les ministres des Affaires étrangères arabes, y compris le ministre Syrien des Affaires étrangères Waid Moallem, ont adopté à l’unanimité le "Plan arabe pour le Liban", qui donne son appui au Général Michel Soleiman pour briguer la présidentielle. Ce plan prévoit aussi la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale et l’adoption d’une nouvelle loi électorale. Joli plan, qui pour l’instant contient des bonnes résolutions absolument pas mises en place.
"Une solution à la crise libanaise doit être trouvée au préalable"
L’Egypte et l’Arabie Saoudite, pays "amis" des Etats-Unis, selon les termes du quotidien égyptien anglophone Daily News, menaçaient en début de semaine de boycotter le sommet. Ils semblent s’être ravisés. Pour ne pas "trahir le corps arabe et son pacte d’existence" écrit Emile Khoury dans l’Orient le Jour.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmad Abu El Gheit a pourtant déclaré en début de semaine à la presse que "le sommet de Damas doit se dérouler dans une atmosphère saine, c’est pourquoi une solution à la crise libanaise doit être trouvée au préalable". Walid Moallem, le ministre syrien des Affaires étrangères l’avait annoncé avant la réunion cairote : "Les préparations sont en passe d’être finalisées et le sommet se tiendra à la date prévue" et il y a de fortes chances pour que de fait les 22 membres le la Ligue arabe se plient au calendrier, avec ou sans président libanais. Car la Syrie, par la voix de Walid Moallem, s’est déclarée prête à recevoir un ersatz de président, un "diplomate", si la crise présidentielle libanaise n’était pas résolue lors de la tenue du sommet.
Emile Khoury, rédacteur à l’Orient le Jour livre sa propre analyse, il considère que "la Syrie est parvenue à obtenir que le sort du sommet ne soit pas lié à l’élection présidentielle libanaise", car il est inconcevable pour les pays arabes de se désolidariser alors que les citoyens palestiniens subissent les assauts particulièrement sanglants d’Israël. La dernière opération israélienne dans la bande de Gaza a d’ailleurs été fermement condamnée par les ministres, qui l’ont qualifié de "crime contre l’humanité".
Tout le monde d'accord sur la Palestine
Le cas de la Palestine étant l’un des rares sujets qui mette tous les pays arabes d’accord, pas question d’affaiblir l’image et le corps de la Ligue arabe, déjà passablement ternis par une relative incapacité à trouver des issues diplomatiques aux problèmes auxquels le monde arabe est confronté. Le Conseil arabe a appelé, lors de cette réunion, à la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens et a exhorté Israël à mettre un terme à la colonisation dans les territoires occupés, afin de permettre au processus de paix d’avancer, sans pour autant appliquer les accords d’Annapolis. La Ligue arabe ose même poser une date pour la naissance de cet accord de paix : fin 2008.
Mais pour l’instant, la date phare est le 29 mars prochain en Syrie et les négociations promettent d’être musclées.

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