Numéro 85, semaine du dimanche 14 décembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


L'Egypte toujours grippée

Le 09-03-2008 par Arnaud Saint Jean

Deux nouveaux cas humains de grippe aviaire depuis le début du mois. Une égyptienne de 25 ans est décédée, portant à 20 le nombre de cas mortels depuis 2006.

oies fayoum GDL'annonce de deux nouveaux cas humains du virus H5N1 a sérieusement plombé l'optimisme qui pointait en ce début d'année au sein des autorités sanitaires égyptiennes. Début février, le Comité Suprême de lute contre la grippe aviaire, instance gouvernementale, annonçait une chute spectaculaire de 40% en 2008 du taux d'infection des volailles, dans les fermes et les arrière-cours. Un résultat plus qu'encourageant, porté au crédit des campagnes de vaccination et d'information menées dans les villages égyptiens. Selon ce même Comité, 100 millions d'oiseaux auraient ainsi été vaccinés en janvier 2008, contre 76 millions en décembre 2007 et 36 stages de formation menés auprès de 883 spécialistes locaux.  

Après l’Asie, l’Egypte est le pays le plus touché

Mais la semaine dernière, une jeune égyptienne de 25 ans, originaire du Fayoum, succombait au virus de la grippe aviaire. Dans le même temps, un garçon de 11 ans du village de Sedod, était détecté positif. Depuis 2006, 46 cas humains ont été déclarés, dont 20 mortels, ce qui fait de l'Egypte le pays le plus touché hors Asie du Sud Est. Loin, sans doute, des 105 cas indonésiens, mais déjà beaucoup plus que la Chine. Terre d’accueil chaque année de millions d’oiseaux migrateurs, l’Egypte est particulièrement exposée, surtout dans le sud du pays. A ce facteur géographique aggravant s’ajoute l’importance des volailles dans le quotidien des Egyptiens. Principale source de protéines pour la majorité de la population, plus abordable que les autres viandes, le poulet s’élève un peu partout, dans les cours comme sur les toits. A l’encontre, bien souvent, des normes hygiéniques de base.

Face aux lois, les habitudes résistent

Face à la multiplication inquiétante des cas de contamination, le gouvernement égyptien s’investit dans la prévention. Outre la création du Comité Suprême de lute contre la grippe aviaire, une loi a été promulguée en 2007, interdisant le transport des volailles vivantes sans autorisation préalable et définissant des « zones de sécurité ». Objectif : réduire les contacts à risque et promouvoir la consommation de poulets surgelés. Mais "Ce n'est pas évident de faire changer le comportement des gens et de les convaincre de participer aux campagnes, d'autant plus dans ces régions où les poulets sont essentiels à l'économie domestique et aux moyens d'existence", souligne Ibrahim Kerdany, représentant de l'OMS pour la région de l'est méditerranéen.

A ce jour, 371 cas de contamination humaine au virus H5N1, dont 235 mortels, ont été recensés dans le monde depuis 2002, selon l'Organisation Mondiale de la Santé.

SUR LE MEME SUJET – H5N1, l’Egypte terre d’accueil

Grippe aviaire : ce qu’il faut savoir

Quels sont les symptômes des volailles infectées ?
- Fatigue et refus de s'alimenter.
- Pertes au niveau des yeux, du nez et de la bouche.
- Enflures de la tête, des pattes et de la crête.
- Toux, éternuements et diarrhées
- Morts subites.

Qui sont les personnes les plus exposées?
- Les éleveurs de volailles.
- Les enfants, parce qu'ils aiment jouer avec les animaux et n'ont pas toujours une grande conscience de l'hygiène.
- Les personnes qui élèvent des volailles chez eux, dans leur cour, sur leur toit, ou dans leur maison.
- Les chasseurs et les pêcheurs

Comment le virus se transmet-il à l'homme?
- Par contact direct avec de la volaille infectée.
- Par contact direct avec des surfaces infectées (ustensiles de cuisines...), des sécrétions, ou morceaux de volailles malades.

Quels sont les signes d'infection chez l'homme?
- Fièvre, toux, infections de la gorge, douleurs musculaires.
- Infections oculaires et pneumonie.
- Graves problèmes respiratoires.

Faut-il arrêter de manger des volailles?
Non. Mais :
- Ne pas manger de volaille ou d'oeufs non cuits.
- Ne pas consommer le sang des volailles.
- Toujours bien laver les ustensiles qui ont été en contact avec la volaille non cuite (couteaux, plats...)
- Toujours se laver les mains après avoir touché de la volaille non cuite.

A NOTER : seule la cuisson tue le virus, pas la congélation.

Existe-t-il un vaccin pour l’homme?
Non, toujours pas pour le moment. Des études sont en cours, mais elles pourraient prendre beaucoup de temps avant d'être concluantes.

Pourquoi est-il important d'enrayer la grippe aviaire?
- Parce que, jusqu'à présent, plus de la moitié des personnes infectées ont succombé au virus.
- Plus le temps passe, plus la résistance du virus peut se renforcer.
- Il existe toujours un risque d'évolution du virus, qui pourrait devenir transmissible d'homme à homme.

Extrait d’un document de l’Organisation Mondiale de la Santé, disponible (en anglais) ici


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