Numéro 81, semaine du dimanche 16 novembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Israël, invité contesté au salon du livre de Paris

Le 02-03-2008 par Louise Sarant

Avant même son ouverture, le Salon du Livre de Paris provoque des remous. L’état d’Israël en sera l’invité d’honneur. Du Maghreb au Moyen-Orient, un mot revient sur toutes les bouches: boycott. Massif et unilatéral.

salon du livreLe Salon du Livre de Paris provoque des remous avant même son ouverture, le 14 mars prochain. Le Comité organisateur a décidé que l’état d’Israël, qui fête ses 6 décennies d’existence cette année, serait l’invité d’honneur de cette édition. 39 écrivains israéliens sont invités et parmi eux des grands noms de la littérature, comme Amos Oz et David Grossman. Les dents grincent fort dans le monde arabe. Du Maghreb au Moyen-Orient, un mot revient sur toutes les bouches et se couche sous toutes les plumes : boycott.

 Intransigeance quasi unanime

L’intransigeance est quasi unanime face à un état responsable de la dislocation de la Palestine. En Egypte, deux personnalités littéraires éminentes, Mohammed Salmawy et Alaa El Aswany, ont marqué leur plus vive désapprobation face au choix d’Israël comme invité d’honneur. "Le choix d’Israël est inacceptable" a déclaré Mohammed Salmawy, président de l’Union des écrivains égyptiens, tandis qu’Alaa El Aswany, auteur des best-sellers "L’immeuble yacoubian "et "Chicago" a promis de s’y rendre tout en critiquant vivement ce choix. "On ne peux pas dignement donner un statut d’invité d’honneur à un pays qui commet chaque jour des crimes contre l’humanité. La France, dont l’influence culturelle a toujours été très marquée en Egypte et qui était jusqu’ici un modèle de démocratie pour le peuple égyptien, est en train de perdre ses marques de noblesse."


Les écrivains d’autres pays de la région font écho à ce sentiment. "Je ne pense pas qu’un état qui maintient une occupation, commettant quotidiennement des crimes contre l’humanité, mérite d’être invité à quelque semaine culturelle que ce soit" affirme le poète israélien Aharon Shabtai.
Au Maroc la rébellion s’organise. L’Organisation islamique pour l’éducation et de la culture, issue de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) a appelé mardi 50 pays membres de l’OCI à boycotter le Salon.

Dans un climat politique chargé, quid de la littérature ?

Mais des questions d’ordre éthique et intellectuel s’opposent avec force à ce boycotte massif. Dans quelle mesure la littérature israélienne, qui appartient comme toute autre au patrimoine littéraire mondial, devrait pâtir du désamour politique de l’état d’Israël ? "Les écrivains israéliens ne sont pas l’état israélien", écrit quant à lui l’écrivain Tahar Benjelloun sur son site Web. "Refuser de lire un livre, boycotter un ensemble d’écrivains, marquer sa désapprobation d’une politique en pénalisant les écrivains de cet état, cela a-t-il un sens ?".
Marek Halter, écrivain mondialement connu, est également intervenu en publiant une lettre ouverte dans le journal Le Monde : "Il y a quelques jours, dans un entretien au Monde, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, affirma une fois encore sa volonté de faire disparaître l’état d’Israël. Faire disparaître sa littérature, serait-ce le premier pas ? Y aura-t-il toujours des intellectuels pour être complices d’une telle ignominie ?"


Commentaires

HASSAN NABIL

BONJOUR JE NE PENSE PAS QUE C EST EN DIABOLISANT ISRAEL QUE L ON FERA RECULER LES ANTISIIONISTES AU CONTRAIRE ON LES FERA PASSER POUR DES MARTYRS CE QU ILS NE SONT ¨PAS. MAIS QUAND EST CE QUE LES ISLAMISTES ADMEETTRONT QUE LES SOCCIETES OCCDENTALES DIFFEREN HEUREUSEMET DES SOCIETES SOUMISES A LA CHARIA. BONNE JOURNEE A TOUS QUE LA RAISON GUIDE NOS PAS

Danny

"El salamu aleikum!" L'art ne pas pas être responsable des atrocités des dirigeants politiques, religieux...Cela n'a pas de sens. La littérature peut justement permettre une distanciation, une écoute, un échange, une communication...Je suis étonnée-le mot est faible- de la réaction d'Alaa El Aswany?! Je ne crois pas que lui-même s'identifie à la dictature du pouvoir en place dans son pays. Lire la littérature israélienne, comme la littérature arabe ou étrangère en général, c'est essayer de comprendre un mode de pensée, c'est aller à la rencontre d'une culture. N'est-ce pas en favorisant les rencontres qu'on peut aller vers le chemin de paix?

HASSAN NABIL

BONJOUR JE CONTINUE A PENSER QUE LA DIFFERENCE EST SOURCE D ENRICHISSEMENT ET QUE CE N EST PAS EN PRONANT LA PENSEE UNIQUE QUE L ISLAM SERA MIEUX VU PAR L OCCIDENT. MAIS QUAND DONC LES ISLAMISTES ADMETTRONT LA LAICITE? NABIL


Poster un commentaire

Envoyer cet article par email

Aujourd'hui,
1 Dollar vaut 5.92 EGP
1 Euro vaut 7.60 EGP

Click for Cairo, Egypt Forecast

Brèves   rss

Revue de Presse

A quoi joue le Hamas?

En boycottant le dialogue interpalestinien qui devait se tenir au Caire et en maintenant la confusion sur ses motivations, le Hamas s'attire de plus en plus les critiques de la presse arabe.

Lire la suite...