Offensive contre les paraboles
Le 17-02-2008 par Arnaud Saint Jean
Réunis au Caire, les ministres de l'Information des états membres de la Ligue arabe ont adopté un document qui restreint la liberté des chaînes satellitaires arabes. Sous prétexte de réguler leur fonctionnement, les états arabes semblent décidés à museler les chaînes privées.
"Certaines chaînes satellitaires sont sorties du droit chemin." Dans la bouche du ministre égyptien de l'Information, Anas el-Feki, ce jugement sonne comme une justification de l'offensive menée cette semaine à l'encontre des chaînes satellitaires arabes. Visiblement agacés par la liberté de ton de certains chroniqueurs politiques et journalistes de ces chaînes de télévision, les pays membres de la Ligue arabe ont décidé de resserrer leur emprise sur ces médias. Réunis en début de semaine au Caire, à l'invitation de l'Egypte et de l'Arabie Saoudite, les 22 ministres de l'Information des états membres de la Ligue arabe se sont penchés sur une nouvelle "régulation" des chaînes satellitaires arabes.
Protéger les mœurs et les dirigeants
Le principal objectif semble être de protéger les régimes de la région contre les voix dissidentes qui, depuis quelques années, ont trouvé dans les chaînes satellitaire un canal d'expression librement accessible. Ainsi, le nouveau texte stipule, entre autres, que les chaînes satellitaires "ne doivent pas avoir de répercussions négatives sur l'échelle sociale, l'unité nationale, l'ordre général ou les moeurs", avec surtout l'interdiction de "faire offense aux dirigeants ou aux symboles nationaux et religieux".
L'aspect religieux est également concerné, le texte appelant les chaînes satellitaires à "s'abstenir de diffuser tout ce qui porte atteinte à Dieu, aux religions monothéistes, aux prophètes, aux sectes et aux symboles religieux de chaque communauté", rappelant au passage les interdictions qui frappent les programmes érotiques et les produits prohibés, comme l'alcool et le tabac.
Le Qatar fait de la résistance
Seul le Qatar, siège de la pionnière Al Jazeera, n'a pas signé le document, son ministre de l'Information préférant "vérifier sa compatibilité avec la législation qatarie".
La veille de cette réunion, dans le quotidien panarabe anglophone Asharq al-Awsat, le président du groupe MBC (propriétaire de la chaîne d'information Al Arabiya), Waleed al Ibrahim, évoquait déjà l'ingérence publique : "Nous n'apprécions pas l'autorité que les gouvernements ont sur le médias, car celle-ci nous conserve dans un un bourbier de stagnation et de stéréotypes. Cette situation nous pousse à appeler la libération des médias de la tutelle gouvernementale. Les médias ont un rôle important à jouer dans le dialogue et la compréhension entre les cultures et les civilisations, d'un coté et dans le renforcement des valeurs sociales locales de l'autre."
Commentaires
Vous
Il est vrai que l'on trouve de tout sur les chaînes satellites du pire comme le meilleur! je ne suis pas croyant, je ne suis d'aucune religion mais je respecte toutes les personnes qui en pratiquent une, je parle souvent avec l'un ou l'autre sans arrière pensées! mais tant que la religion ne sera pas séparée du politique les pays arabes ne pourront pas entrer en démocratie. je connais des familles égyptiennes et je les respectes énormément mais je sais que dans ces conditions ils ne leurs est pas facile de vivre leur vie religieuse et civil paisiblement. Il y a encore trop de féodalité dans ces pays. J'adore l'Egypte et ses habitant, et il serait dommage que le pays ne tombe dans le chaos

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