Numéro 81, semaine du dimanche 16 novembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


L’horizon rassurant

Le 17-02-2008 par Guillaume de Dieuleveult

Réunie par le Club d'Affaires Franco Egyptien à l'occasion d'un déjeuner débat autour du thème: "ralentissement ou récession ?", une petite centaine de personnes a entendu cette semaine un message volontairement rassurant.

"Je pense que la tendance générale sera en notre faveur", a affirmé Maged Shawky, le président de la Bourse du Caire et d’Alexandrie. "À l’intérieur du pays, la croissance est très importante, ce qui devrait minimiser la tendance baissière internationale. Cela dit il est possible que nous soyons affectés de façon indirecte, mais certainement pas aussi fortement que le seront des économies comme celles des Etats-Unis ou de Grande-Bretagne."

Prenant la parole à son tour, Sameh el Torgoman, le président d’Obelisk Asset Management, ex-président de la Bourse du Caire et d’Alexandrie, est allé dans le même sens. "Le marché global pourrait être touché par cette crise", a-t-il expliqué, "mais pas l’économie égyptienne, en raison de son attractivité. La question reste de savoir comment continuer à la faire progresser. Pour cela je pense que nous devons nous focaliser sur la question des infrastructures dont nous disposons, et surtout sur la question des ressources humaines. Nous ne pourrons pas maintenir notre compétitivité sans améliorer nos ressources humaines. Enfin, je pense que nous devons poursuivre la politique de réformes économiques pour nous doter d’institutions solides."

Impacts limités 

Abordant la question en tant que banquier, Adrien Pharès, le président de Crédit Agricole Egypte, a affirmé également que "s’il y avait une récession aux Etats-Unis, les impacts sur l’économie égyptienne devraient être limités." "La croissance en Egypte, a-t-il poursuivi, ne dépend pas trop fortement des économies occidentales. En revanche, elle est plus fortement liée aux économies des pays de la péninsule arabe. Or, la circulation de liquidités, dans cette région devrait rester importante. Je ne pense pas que nous risquions d’être entraînés dans la tourmente, car l’économie mondiale est désormais très complexe. Elle ne dépend plus d’une seule économie dominante."

Enfin, Alaa Sabaa, le président de Beltone Financial, a pris la parole. "Nous connaissons une situation très différente de celle des économies occidentales, où il y a une crise de liquidités. Dans notre région, des sommes très importantes de pétrodollars ont été créées ces cinq dernières années et sont toujours disponibles, ce qui devrait nous éviter de suivre les économies occidentales dans la tourmente. Par ailleurs, je pense que la consommation va continuer de croître, ce qui va permettre de maintenir la croissance économique du pays. Il ne faut pas nier qu’il risque d’y avoir un impact sur notre économie. Mais je pense qu’elle restera plus forte que la tendance mondiale."

Dans le numéro du mardi 12 février, le quotidien anglophone Daily News consacrait un article à la question. Interrogé par le journal, Nasser Saidi, économiste au "Dubai International Financial Center" abonde dans le sens des invités du Cafe. Estimant que les économies de la région Mena s'étaient "découplées" de celles des Etats-Unis et de l'Europe, il affirme:  "Notre région a montré une résilience certaine face à la volatilité des marchés financiers américains et européens après la crise des sub-primes et du marché hypothécaire."


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