EDITION SPECIALE : Les Palestiniens entrent encore à Rafah
Le 27-01-2008 par Guillaume de Dieuleveult
Au lendemain de l'ouverture de la frontière avec la bande de Gaza, les rédacteurs d'Alif se sont rendus à Rafah. Numéro spécial sur une situation inédite: Rafah, ville ouverte sur la Palestine.
Incontrôlable marée humaine : après une tentative de fermeture vendredi, l’Egypte a dû se résoudre, samedi, à laisser ouverte la frontière avec la bande de Gaza. Des centaines de milliers de Palestiniens se ruent vers l’Egypte depuis mercredi dernier, quand la palissade d’acier qui séparait les deux territoires a été abattue au bulldozer. "Les Palestiniens continueront de passer jusqu'à ce qu'ils aient satisfait tous leurs besoins en produits divers et en nourriture" provoqués par le blocus israélien, a affirmé le gouverneur du Sinaï nord, Ahmed Abdel Hamid, cité par l'agence officielle Mena.
A Rafah, les forces égyptiennes se contentent donc d’observer la situation en tentant de canaliser la foule. Des barrages policiers ont été installés après la ville d’Al Arish, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière. C’est là que la zone ouverte prend fin.
Selon l’Onu, plus de la moitié des 1,5 millions d’habitants de la bande de Gaza se seraient déjà rendus en Egypte pour y faire des courses. Les produits achetés donnent une idée de la pénurie : pneus, rames de papier, sacs de ciment, frigidaires, pelotes de laine, vaches, chips, cigarettes, essence…
Par-delà ce phénomène, la question du trafic d’armes est soulevée par la communauté internationale. Car les tunnels passant sous Rafah et qui permettaient d’approvisionner la bande de Gaza en armes ont été remplacés par une autoroute.
Diplomatie
Incapable de régler le problème sur le terrain, l’Egypte compte plus que jamais sur une solution diplomatique. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a annoncé hier que son pays allait inviter séparément des délégations de l’Autorité palestinienne et du Hamas rival. Ils devraient discuter ensemble de la situation à la frontière et des "mesures concernant le terminal de Rafah". Le Hamas a "salué" cette initiative et s'est dit "prêt à l'accepter."
Unique voie vers l’extérieur hors Israël, le terminal de Rafah était fermé quasiment en permanence depuis juin 2006. À l’époque, un soldat israélien avait été capturé par le Hamas. Depuis la prise du pouvoir dans la bande de Gaza par le Hamas, en juin 2007, les observateurs internationaux chargés de le contrôler ont quitté le terminal, ce qui provoque sa fermeture.
Le blocus Israélien de la bande de Gaza était devenu total, jeudi 17 janvier, en réponse aux tirs de roquettes Qassam sur le territoire israélien. Selon l'armée israélienne, quatre roquettes ont été tirées vendredi et six jeudi, ce qui constituerait une nette diminution par rapport aux jours précédant l'imposition du blocus.
(Avec AFP)
Remerciements à Ahmed Hassan, pour son aide précieuse à la réalisation de cette édition.

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