Le français Lafarge s'offre le géant Orascom Ciment
Le 16-12-2007 par Arnaud Saint Jean
Le groupe français de matériaux de construction a acheté la filière ciment d'Orascom et poursuit ainsi sa stratégie d'implantation dans les pays émergents. En devenant, au passage, le numéro un mondial du ciment.
C'est un cadeau de noël très coûteux que vient de s'offrir le groupe Lafarge. Le géant français des matériaux de construction a mis plus de 10 milliards d'euros sur la table, pour s'offrir Orascom Cement, une partie de l'empire de Nassef Sawiris.
Orascom Cement sous sa coupe, Lafarge devient le numéro un mondial du ciment et enrichit son armada d'un groupe leader en Egypte, en Algérie, aux Emirats Arabes Unis, en Irak et présent dans toute la région et dans de nombreux pays émergents. Sur le site du groupe, Bruno Lafont, le PDG de Lafarge, explique : "Les positions d’Orascom Cement sont concentrées sur une région en pleine croissance qui va tirer pleinement partie des revenus du pétrole et du gaz. Cette acquisition est une opportunité décisive pour accélérer notre stratégie de croissance rentable dans le ciment sur les marchés émergents. Avec cette opération, 65% de nos résultats devraient être réalisés dans les marchés émergents à horizon 2010, contre 45% aujourd’hui."
Avec cette acquisition, Lafarge met donc un sérieux coup d'accélérateur à sa stratégie de pénétration des marchés émergents, nouvelles vaches à lait du secteur de la construction. Car avec leur développement soutenu, une croissance démographique encore importante et, pour beaucoup, la manne du pétrole et du gaz, ces marchés qui se construisent avalent le béton au rythme de leur transformation. Interrogé par l'Agence France Presse, Bruno Lafont a d'ailleurs lâché cette formule : "Le ciment est la première matière dont nous avons besoin après l'eau".
Sawiris intègrera le Conseil d’administration
Du côté d’Orascom, Nassef Sawiris justifie cette cession par une volonté de se concentrer sur ses activités d’infrastructures, en particulier dans les secteurs du pétrole et du gaz. Surtout qu’à y regarder de plus près, l’opération ressemble davantage à une prise de participation : l’homme d’affaires égyptien réinvestira ainsi dans Lafarge l’essentiel des fonds qu’il percevra de la vente d’Orascom Cement et deviendra actionnaire de Lafarge à hauteur de 11,4%. Cette participation lui ouvrant ainsi les portes du conseil d’administration, au côté d'Albert Frère, le financier belge, autre grand actionnaire de Lafarge avec 16 %.
Pour ce faire, Lafarge devra émettre de nouvelles actions, destinées personnellement à Nassef Sawiris. Une augmentation de capital réservée bien accueillie par le marché : à l’annonce de l’opération, l'action de Lafarge a grimpé de près de 13%.

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