Pas de lumière sur Nour
Le 09-12-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Ayman Nour, le leader du parti Ghad, entre dans sa troisième année de détention. Les militants demandent sa libération et voulaient se faire entendre mercredi dernier. Ce qui n’était pas du goût des forces de l’ordre égyptiennes.
Plusieurs centaines de policiers étaient massés mercredi dernier place Talaat Harb, dans le centre du Caire, pour contenir les velléités de manifestation du parti Ghad. Les militants de ce parti d’opposition voulaient marquer la troisième année d’emprisonnement de leur leader, Ayman Nour.
Mais la manifestation a été tuée dans l’œuf. D’après un membre du parti, Gamila Ismaïl, la femme d’Ayman Nour a été violentée par la police alors qu’elle tentait de descendre dans la rue. Interdits de trottoir, les militants sont remontés dans leurs bureaux au deuxième étage d’un immeuble de cette place centrale du Caire. Ils ont alors installé des haut-parleurs sur les balcons et scandé des slogans jusqu’à 23h30 environ.
"Tu es journaliste? Dégage!"
La presse était également indésirable. Loin d’être un passe-droit, le statut de journaliste étranger dérangeait particulièrement la police. Le journaliste désireux d’observer les évènements se voyait prié par les policiers de circuler. "Tu es journaliste ? C’est interdit ! Emshi ! (Dégage)"
Quant aux passants, nombreux sur cette place, ils semblaient plus préoccupés de filer droit que de prendre fait et cause pour les manifestants. "Les gens soutiennent notre combat", veut croire un militant du Ghad. "Mais ils ont peur de la police et de la sûreté d’Etat. C’est pourquoi ils n’osent pas se joindre à nous."
Agé de 43 ans, Ayman Nour, a fondé le parti Ghad (demain) en 2004. Son mouvement se dit libéral et démocratique. Lors des élections présidentielles de septembre 2005, Ayman Nour est arrivé second avec 7% des voix, très loin derrière Hosni Moubarak. En décembre 2005, il était condamné à cinq ans de prison pour avoir falsifié des documents, afin de permettre la création de son parti politique.
Les militants du Ghad estiment que cette condamnation est motivée pour des raisons politiques et demandent la libération de leur leader. Ils ont le soutien des autres mouvements de l’opposition égyptienne : le parti Nassérien, le parti Tagammou (communistes) et le mouvement Kefaya.
Commentaires
malika
bonjour Misr, je viens d'apprendre un nouveau mot en egyptien "Emshi", à Bruxelles nous connaissons tous Ayman Nour et sa femme surtout courage à tous les deux et aux nombreux démocrates de ce merveilleux pays.que pouvons nous faire en Occident sinon lire Aswany, voir les films egyptiens, je n'ai plus envie de venir en villégiature en EGYPTE . cela me déprime de voir la situation sociale se dégrader à chaque fois, mais que pouvons nousfaire à Bruxelles, maalesh comme vous dites!!!!!! Malika

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