Numéro 81, semaine du dimanche 16 novembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Les enfants des rues, préoccupation montante

Le 04-11-2007 par Guillaume de Dieuleveult

Malgré l’absence d’études et le manque de politique d’envergure, la question des enfants des rues émerge en Egypte. Cette semaine, Zinedine Zidane a visité un centre qui leur est consacré.

flavia jackson dans le centre pour enfants abandonnés, photo GDLa venue de Zinedine Zidane au centre pour enfant des rues d’Al Salam devait se faire dans la confidentialité. Mais des centaines de personnes l’ont accueilli à son arrivée. C’est donc dans le tumulte que l’ex-footballeur, reconverti en ambassadeur des enfants pour une entreprise française, s’est fait guider dans ce centre destiné aux enfants handicapés vivant dans la rue.

La question des enfants des rues émerge peu à peu en Egypte. Longtemps ignorée, elle est arrivée sur le devant de la scène quand Suzanne Moubarak a lancé une "stratégie nationale". Triple objectif : protection, rééducation et réinsertion familiale de ces enfants. C’était en 2003.

Mordu par les chats. La même année, Flavia Jackson, mère de famille vivant en Belgique, décide de s’investir pour cette cause en Egypte. Aujourd’hui, avec son ONG Face Charity, elle gère deux orphelinats, le centre pour enfants des rues visité par Zidane, et un centre d’accueil pour bébés abandonnés. L’endroit a ouvert mi-octobre. Il accueille déjà une douzaine d’enfants. "Rien n’aurait pus arriver sans le soutien constant des autorités égyptiennes", affirme Flavia Jackson.

Victimes de la pauvreté de leurs parents, ces bébés dorment désormais dans des chambres roses, propres et claires. Difficile de croire que ces nouveaux-nés bien soignés ont été retrouvés dans la rue, abandonnés dans des sacs plastiques, à la merci des chiens, des chats ou des rats. "Ce petit bébé, murmure Flavia Jackson, a été retrouvé le corps couvert de griffures et de morsures provoquées par des chats."

Peu de chiffres fiables. Difficile de savoir combien d’enfants vivent dans les rues en Egypte. Selon l’Unicef, ils seraient un million. Pour Médecins du Monde, il y aurait entre quinze et vingt mille enfants dans les rues du Caire. Un chiffre à prendre avec des pincettes car il n’existe pour l’instant aucune politique d’envergure, ni d’études systématiques. "Il y a très peu de chiffres fiables", reconnaît Marie Ferré, coordinatrice de Médecins du Monde. L’ONG soutient un programme d’accueil des enfants des rues. "Mais une chose est sûre, observe-t-on chez Médecins du Monde, leur nombre augmente."

Poussés par les violences familiales, fuyant le travail, des milliers d’enfants se retrouvent à la rue. "On peut les voir près de la gare du Caire ou rue des Pyramides. Ils vivent là où il y a des touristes, du passage", ajoute Marie Ferré. Cachés, très mobiles, ils sont difficiles à repérer.
Mais leur situation n’en est pas moins précaire. Victimes de violences et d’exploitations en tous genres, ils sont en outre considérés comme des délinquants par la justice, traités comme tels par la police.

Un projet de modification de leur statut est en cours. Sous l’égide du conseil nationale pour l’enfance et la maternité, des ONG travaillent à la modification de la loi égyptienne sur l’enfance. Objectif : confier ces enfants à des travailleurs sociaux plutôt qu’à la police égyptienne.

SUR LE MEME SUJET : "Tout pour les enfants"


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