Coptes américains et coptes égyptiens : un dialogue difficile
Le 04-11-2007 par Louise Sarant
Rencontre avec Nadine Hani, chercheuse copte très au fait des problèmes auxquels sa communauté est confrontée. Pour Alif, elle met en lumière l’écueil qui sépare les coptes émigrés et la communauté copte restée au pays.
Comment expliquez vous que les coptes d’Egypte s’opposent régulièrement aux idées du lobby copte américain ?
Le problème c’est que les coptes qui sont partis aux Etats-Unis ont vu beaucoup de fanatisme en Egypte, c’est d’ailleurs la cause de leur exil. Ils ont donc cette volonté d’aider les coptes restés au pays et qui souffrent de ce fanatisme. Mais la situation a changé. Ils parlent d’une réalité différente de celle des coptes d’Egypte. Certes les coptes subissent de temps à autre des frustrations, des discriminations. Mais les problèmes que doit affronter cette communauté sont identiques à ceux des autres Egyptiens : des conditions économiques et sociales somme toute assez mauvaises. Et coptes et musulmans y font face tous les deux. D’ailleurs cette différence de point de vue entre les coptes "américains" et égyptiens est très visible. Une manifestation de coptes d’Egypte a failli voir le jour, pour protester contre les projets politiques de la communauté exilée. Elle n’a finalement pas eu lieu, mais c’est tout à fait symptomatique : les coptes reprochent aux membres transatlantiques d’envenimer la situation et de compliquer encore leurs relations avec la communauté musulmane.
Qu’est ce que cela implique d’être copte en Egypte aujourd’hui ?
Il faut à nouveau faire une distinction. D’une part il y a les coptes qui résident à Heliopolis ou à Mohandessine, dans des quartiers chics et libéraux et qui sont bien acceptés. De l’autre, ceux qui habitent dans les quartiers populaires et qui souffrent du fanatisme, dans un contexte économique et social très difficile. En ce qui concerne la discrimination à l’embauche, elle est inexistante dans les grandes institutions qui ont un fonctionnement compétitif, libéral et qui choisissent le meilleur candidat, laissant de côté la confession. Le problème se pose davantage dans les institutions qui n’embauchent pas sur concours. Elles sont en général totalement hermétiques aux membres de la communauté copte.
Les bonnes relations qu’entretiennent le pape Chenouda 3 et Hosni Moubarak constituent-elles une partie du problème ?
C’est vrai que le pape maintient de bonnes relations avec le chef de l’Etat mais je ne pense pas qu’il puisse faire autrement, il ne peut pas être l’artisan d’une détérioration de la situation. Pour moi les problèmes auxquels sont confrontés les coptes sont socio-économiques davantage que politiques. Certaines institutions religieuses font naître chez les gens simples ce germe du fanatisme, qui prend racine dans un système d’éducation défaillant.
Commentaires
Paul Balta
Je suis très sensible à cet article car ma grand mère était copte (Hanem Boctor) épouse d'Anis Haddad. Ainsi, je suis aussi le cousin du grand penseur Anouar Abdek Malek. Je partage l'analyse de Nadine Hani. J'ai découvert récemment que la petite communauté juive d'Égypte a des gros problèmes avec une de celles qui est aux États-Unis. En effet, à l'occasion de la célébration du centenaire d'une synagogue du Caire,on s'est aperçu que les Américains voudraient récupérer le patrimoine des juifs d'Égypte. Paul Balta, écrivain
anonyme
Je ne suis pas d'accord avec ce que vous considerez comme divergences

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