Un journaliste oublié
Le 21-10-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Il y a quatre ans un journaliste égyptien disparaissait. Une ONG américaine revient sur son histoire, pour ne pas oublier.
Toujours pas de nouvelles de Reda Helal. Le 11 août 2003, ce journaliste égyptien a disparu, après une banale journée de travail. Connu pour ses prises de positions pro-américaines, favorable au rapprochement israélo-égyptien, le journaliste défendait des positions aussi rares qu’impopulaires en Egypte.
Quatre ans après sa disparition, le Committee To Protect Journalists (CPJ) revient sur son histoire, pour ne pas l’oublier. Cette ONG présente dans 120 pays et dont le siège se trouve à New York a été créée pour protéger les journalistes dans les pays où ils sont en danger.
Pas un activiste
La disparition de Reda Helal, en plein jour, dans le centre du Caire, est d’autant plus mystérieuse que l’homme n'était pas un activiste de l'opposition égyptienne. Il travaillait pour Al Ahram, un journal pro-gouvernemental dont le rédacteur en chef est nommé par le président Moubarak en personne. D’après le CPJ, Reda Helal a fait quasiment toute sa carrière au sein du quotidien pro-gouvernemental. Spécialiste des relations entre les Etats-Unis et le moyen orient, il écrivait une chronique hebdomadaire dans les colonnes d’Al Ahram.
Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité égyptienne disparaît de la circulation. Selon l’Organisation Egyptienne pour les Droits de l’Homme, 53 personnes se sont évaporées en Egypte entre 1992 et 2006. L’histoire de Reda Helal est un cas parmi d’autres. À la différence près que la plupart des personnes disparues en Egypte sont de soupçonnés militants islamistes.
Le statut de journaliste est-il suffisant pour expliquer le sort de Reda Helal ? L’organisation Reporters Sans Frontières recense 13 journalistes disparus sans laisser de traces, entre 1994 et aujourd’hui. En Algérie, en Russie, au Congo, en Irak. L’histoire de Reda Helal doit peut être s’ajouter à cette liste noire.
En savoir plus
L’Egypte mal classée
Numéro 1 : Islande, numéro 169 (bon dernier) Erythrée, numéro 146 : Egypte.
C’est le résultat du tout récent Classement Mondial sur la Liberté de la Presse en 2007. Cette liste, réalisée tous les ans par Reporters Sans Frontières, est faite sur la base de cinquante questions réparties selon différents critères : « aggressions, emprisonnements et menaces », menaces indirectes et accès à l’information, censure et autocensure, Internet et les nouveaux médias…
Commentaires
La réponse d'Alif
Cliquez sur le lien "en savoir plus" et vous ouvrirez le site de RSF, avec le classement mondial.
Jean-Louis M
Bonjour Alif! Merci pour ce nouveau numero. Une question: Pourriez-vous me renseigner sur les derniers classements Reporters Sans Frontieres de l'Egypte? La situation de la presse s'empire-t-elle? Bonne continuation.

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