Un festival pour le commerce équitable
Le 21-10-2007 par Louise Sarant
Cette semaine aura lieu la troisième édition du festival du commerce équitable. Focus sur les fondations qui promeuvent ce concept en Egypte.
C’est au début des années 90 que le projet à grande échelle de sauvetage de l’artisanat égyptien a vu le jour. Face à la lame de fond notamment asiatique qui a déréglé les relations traditionnelles entre les producteurs et le marché, le bureau de consulting North-South Consulting Exchange a lancé des initiatives de préservation d’un savoir faire précieux, grâce à des fonds privés.
Située en un point stratégique, au croisement des cultures arabes, méditerranéennes et Africaines, l’Egypte s’inspire de ces influences dans la confection de bijoux en laiton, d’écharpes, de paniers et de cornes de buffle. D’où la volonté de cette fondation, de redonner à ces artisans un marché, tout en appliquant une charte "commerce équitable" garantissant des conditions de travail décentes et un salaire régulier. Cette démarche s’est accompagnée de formations dispensées aux artisans afin de moderniser l’appareil de production. "Il faut avant tout donner aux artisans une opportunité de marché" explique Zohra Merabet, directrice exécutive de NSCE. "Le commerce équitable doit perdre cette image de charité, de paternalisme, car il s’agit d’un atout pour la commercialisation, qui n’est pas uniquement axé sur les droits de l’homme".
Il existe près de 40 groupes de producteurs disséminés sur l’ensemble du territoire égyptien, qui représentent 3000 travailleurs. D’où la nécessité de créer un centre capable d’écouler ces produits artisanaux, et c’est en 1998 que l’Egyptian Craft Center voit le jour, enfanté par le NSCI et le Cospe (coopération pour le développement des pays émergents), et financé par les fonds de la coopération italienne. Situé au cœur de l’île de Zamalek, dans un immeuble sans prétention, le centre recèle de beautés artisanales et propose au visiteur un condensé de ce que l’Egypte fait de plus raffiné. A un prix abordable "même si notre clientèle est en majorité composée d’expatriés sensibles aux questions sociales et de touristes" indique Anne Marie Poupart-Iskander, responsable du développement au sein de FTE.
Des conditions de travail décentes, un salaire juste
Les produits, bien qu’écoulés à hauteur de 75% en Egypte, sont en partie destinés à l’export vers l’Italie, les Pays-Bas et l’Allemagne. Anne Marie Poupart-Iskander est très consciente des difficultés qui surgissent lorsqu’il s’agit de respecter les délais de livraison fixés par l’Europe, et l’essentiel du marché restera local. Zohra Merabet estime quant à elle que "l’objectif suivant sera de monter des projets pour développer le commerce équitable dans l’agriculture".
L’impulsion "commerce équitable" qui redynamise le tissu économique égyptien depuis près de 20 ans ne montre donc aucun signe d’essoufflement. Au contraire, c’est bien la preuve que conditions de travail décentes et salaires justes sont compatibles avec la libéralisation du marché.
Le troisième festival du commerce équitable
Le centre culturel Al Sawi va être l’hôte, du 25 au 30 octobre, de la 3ème édition du festival du commerce équitable. Cet événement organisé par la Fair Trade Egypt Foundation, en coopération avec Egypt Craft et Cospe (Coopération pour le développement des pays émergents), va faire alterner conférences, ateliers ludiques et projections de courts métrages sur le thème "Commerce équitable : une approche alternative du commerce et du développement". Le festival ouvrira ses portes le 25 octobre à 19h pour une soirée de présentation du concept de commerce équitable, à laquelle succédera la projection d’un court métrage réalisé par Islam Lotfi et Hassan Mahfouz. En fin de soirée le groupe Dima se produira en concert, histoire de finir la soirée en musique et en beauté.

rss