Guerre d'Octobre, ou la fierté retrouvée
Le 07-10-2007 par Arnaud Saint Jean
34ème anniversaire de la guerre israélo-arabe du 6 octobre. Retour sur un conflit aux traits parfois redessinés pour le bien de la mémoire collective.
C'est un conflit aux noms multiples. "Guerre du Ramadan", "du 6 octobre", côté égyptien. "Opération Badr" pour les puristes qui retiennent le nom de code choisi à l'époque, comme clin d'oeil historique à l'une des premières batailles menées par le prophète Mahomet contre les idolâtres de la Mecque. "Guerre du Kippour", enfin, pour les Israéliens, référence à la fête juive, jour choisi par les armées égyptienne et syrienne pour déclencher l'attaque.
Pour le Sinaï et l'honneur perdus
Le 6 octobre 1973, profitant de la fête religieuse de Yom Kippour qui ralentit toute activité en Israël, l'armée égyptienne déclenche une attaque surprise, imitée, du côté du Golan, par son allié syrien. L'objectif du président Anour Al-Sadate est clair : prendre par surprise l'armée israélienne, récupérer la péninsule du Sinaï perdue 7 ans plus tôt au cours de la guerre des Six jours. In fine, restaurer l'honneur de l'Egypte et des Arabes, déjà défaits deux fois depuis la création de l'état hébreu en 1948. Profitant de l'effet de surprise et aidées par une habile politique de désinformation, les troupes égyptiennes passent le canal de Suez et enfoncent les lignes israéliennes postées dans le Sinaï. La contre-attaque israélienne ne s'amorce que trois jours plus tard, mais elle sera terrible : en deux semaines, les israéliens chassent les Syriens du Golan et repassent le Canal de Suez.
Réclamé par l'ONU, un cessez le feu intervient et le conflit prend fin le 24 octobre. Le bilan humain et matériel varie beaucoup selon les sources, mais la situation sur le terrain n'a finalement pas évolué, les lignes restent inchangées : le Sinaï reste aux mains d'Israël. Mais dans l'Egypte du président Sadate, le conflit d'octobre s'inscrit pourtant comme une victoire : les troupes égyptiennes ont fait peur à l'ennemi israélien et dans les premiers jours du conflit, les lignes ennemies ont été enfoncées comme jamais. Octobre lave l'affront de la guerre des six jours.
Dernière bataille avant la normalisation
Les ouvrages retraçant la guerre d'octobre sont nombreux et chacun livre sa vision du conflit : Israël sauvé par le pont aérien américain ; menaces israéliennes de recourir à l'arme nucléaire ; frilosité de l'allié russe, pas prêt à remettre en jeu l'apaisement de la guerre froide pour son protégé égyptien ... L'histoire, elle, retiendra que ce conflit armé fut le dernier entre l'état hébreu et l'Egypte, ultime embrasement avant le traité de paix israélo-égyptien de 1979. Un conflit qui permit à l'Egypte de laver l'affront mais aussi, peut-être, d'accepter de traiter avec un état israélien imprenable militairement.
Récupération du passé
Aujourd'hui encore, l'image du conflit d'octobre 1973 se dessine de façons contrastées. Les défilés traditionnels louent le courage des anciens combattants et célèbrent la victoire. Mais la commémoration est souvent prétexte à quelques relents de patriotisme, tendance anti-Israéliens : ces derniers jours, deux polémiques ont alimenté la chronique, autour de la participation d'Israël à deux événements en Egypte. La participation de coureurs israéliens dans le Rallye des Pharaons a donné l'occasion de se déchaîner à quelques commentateurs, jugeant inadmissible leur seule présence aux pieds des pyramides. Moins anecdotique, le comité d'organisation du Festival international du film du Caire a refusé la participation d'un film israélien, Soheir Abdel Kader, vice-présidente du Festival, déclarant clairement à l'AFP : "Hors de question qu’un film israélien soit présenté ici".
Quant à la légitimité de s'interroger si l'Egypte maquille une défaite en victoire, la question ne se pose même pas, selon Nabil Farouk. Dans un entretien avec le quotidien Daily Star, ce chercheur spécialiste des renseignements préfère rappeler que "cette guerre fut une victoire seulement parce qu'elle a permis d'effacer le sentiment de défaite chez les Egyptiens. Ce seul fait est la plus importante des victoires."
Commentaires
Marouan
Cher Youssouf, Je ne suis pas sûr de saisir... En quoi l'attitude de Béatrice a t-elle été arrogante? Et, sur quoi vous fondez-vous pour supposer qu'elle n'est pas consciente des tenants et des aboutissants de la Seconde Guerre mondiale? Et qui vous dit qu'elle ne connaît pas l'Egypte? Qui vous dit même qu'elle est étrangère? Je connais des Béatrices égyptiennes... Je ne pense pas qu'un véritable dialogue peut avoir lieu sans un minimum d'objectivité. Il aurait été bien plus intéressant et constructif de développer vos idées sans laisser vos émotions prendre le dessus. La colère a son utilité mais c'est comme en toute chose: au bon moment et au bon endroit. Ici, tout ce que j'ai retenu de votre commentaire c'est une succession de préjugés mis bout-à-bout avec un fond de haine à l'encontre de la France et des Français. Ce qui est curieux d'ailleurs, puisque vous semblez apprécier cette langue... Cordialement, M.A.A. Marouan.Moussa@ec.europa.eu
Nadia
je trouve bien arrogant ce Youssouf qui se dit francophile et qui parle ainsi de la France,il ferait mieux d'apprendre à écrire AMERICAINS.
Béatrice
Cher Youssouf, je regrette votre réaction. J'y vois surtout une colère envers "ces" étrangers qui viennent une fois de plus porter un jugement sur votre pays. Ce n'est pourtant pas le cas, j'aurai préféré avoir votre point de vue et savoir pourquoi cette défaite est une victoire symbolique pour l'Egypte, comment elle est traitée dans vos livres d'histoire par exemple. Permettez moi de vous informer que personne n'a jamais préténdu que la France a vaincu l'Allemagne. Elevez le débat Youssouf, nous n'attendons que ca !
Eric
Dommage que les commentaires n'apparaissent pas dans l'ordre...
Manal
Je suis de tout coeur avec Monsieur Youssouf c'est si simple de critiquer mais d'autant plus difficile de reconnaître la réalitée n'est-ce pas?
Béatrice
Merci de mettre ce conflit en perspective. Je ne peux m'empêcher de penser qu'une défaite reste une défaite...
Youssouf
...et moi, chère Béatrice, je ne peux m'empêcher de trouver arrogante une telle attitude. Les Français ne célèbrent-ils pas dans la joie et les poitrines gonflés la fin d'une seconde guerre mondial qui les a mit a genou? Francophile amoureux de votre beau pays, je vous rappelle que sans les Amricains, vous parleriez Allemand aujourd’hui. Tellement facile pour des journalistes étrangers de venir jugé l'histoire d'un pays qu'ils ne connaissent pas!
mohieddine
il faut donner l'honneur a l'armée tunisiennes qui a participé a cette guerre par c'est mailleur combaton du commandos.n'est ce pas?
badr
merci youssouf d'avoir publier cet article nous sommes vraiment fiers de cet victoire que d'autre voient en elle une défaite ... Mais si les pays arabes celebrent le 6 octobre comme une fete arabienne ... merci en fait.(Maroc)

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