Ramadan, panier et porte-monnaie
Le 16-09-2007 par Arnaud Saint Jean
Le ramadan qui commence, on commence déjà à faire les comptes : invitations à la surconsommation, mais inflation généralisée, le mois saint fait mal au porte-monnaie et bouscule quelques principes.
Comme chaque année, le coup d'envoi du ramadan a été précédé d'une course frénétique aux achats, encouragée par les campagnes de communication omniprésentes à la veille et pendant le mois saint. Car à l'image des fêtes de Noël en Europe, l'aspect économique du ramadan semble prendre une place toujours plus prépondérante.
Entre piété et consumérisme
Dans son étude "Ramadan, Marketing, et Héritage", présentée en 2004, l'universitaire Walter Armbrust s'intéresse justement à la commercialisation du mois de Ramadan en Egypte, à travers une étude des campagnes de publicité mises en place pour l'occasion. Il en déduit une certaine tension entre l’esprit et la pratique : "La tension entre surconsommation "mass-médiatisée" et piété pourrait être, d'un coté, culturellement productive en amenant de nouvelles pratiques religieuses, modernisées. Mais cette même tension pourrait aussi être vue comme socialement polarisante, en séparant les avocats d'une pureté rituelle de ceux du sécularisme." Une théorisation clarifiée par Wael, trentenaire égyptien, qui pense qu'"on a peut-être perdu l'esprit originel du ramadan. Je ne suis pas contre la consommation, mais se retenir toute la journée, en attendant de se "goinfrer" une fois le soleil couché, ça n'a pas de sens."
Faire avec l'inflation
Problème récurrent, ces dernières années en Egypte, la folie consommatrice du ramadan s'inscrit dans un contexte de hausse des prix. Début septembre, Abou Bakr Al-Gindi, Président du Centre National des Statistiques, annonçait une hausse des prix des aliments de base de plus de 12%. Riz (+23 ,6 %), Farine (+ 24,9 %), Pâtes (+ 22,4 %), Huile (+ 4,6 %) ... aucun produit ne semble échapper à l'inflation. Un poids supplémentaire pour de nombreux égyptiens qui, toujours selon le Centre National des Statistiques, augmentent leur consommation de plus de 30% pendant le ramadan (32%chiffres de 2005). Résultat direct : le pouvoir d'achat des Egyptiens s'effondre et le ramadan pèse toujours plus lourd dans le budget annuel des familles.

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