Kouchner et l’ami égyptien
Le 16-09-2007 par Guillaume de Dieuleveult
En tournée dans le Proche-Orient, Bernard Kouchner a profité de l’étape égyptienne pour insister sur la force des liens unissant l’Egypte à la France. Une rengaine qui n’a pas suffit à masquer la divergence de vues sur la question palestinienne.
La phrase est passée inaperçue tant elle fait partie du protocole inévitable lors d'une visite Française en Egypte. Jeudi dernier, à l’issue d’un entretien d’une heure et demi avec le président Moubarak, Bernard Kouchner a tenu à déclarer à la presse combien la discussion avec le président Moubarak avait été "intéressante". "C’est toujours une expérience fantastique de discuter avec le président Moubarak", a expliqué le ministre Français des affaires étrangères, en saluant le vieux sage de la politique qu’est devenu le Raïs après 26 ans de pouvoir.
Autre incontournable, Bernard Kouchner a évoqué à plusieurs reprises les efforts des "amis égyptiens" et insisté sur la qualité des relations unissant la France à l’Egypte.
Après l’escale égyptienne, le ministre a repris l’avion pour Beyrouth. Le Liban, étape nécessaire dans une tournée qui avait auparavant conduit le chef de la diplomatie française en Israël, en Palestine et en Jordanie.
Paralysé par une crise politique profonde qui dure depuis près d’un an, le Liban a figuré au menu des conversations entre Bernard Kouchner, son homologue Ahmed Aboul Gheit et le président Moubarak. La question palestinienne a également été abordée.
Mais sur ce point, l’amitié franco-égyptienne a montré une faille. Bernard Kouchner l’a affirmé à plusieurs reprises lors de sa tournée au Proche-Orient, il croit en la possibilité de la création "de ce fameux Etat palestinien que nous attendons depuis des années et des années." "Je sais que quelque chose est en train de se passer entre (Israël et la Palestine)", a expliqué le ministre en faisant état d'une "alchimie", de "quelque chose de magique" qui serait en train de se passer sur les bords du Jourdan.
Une opinion que ne partage manifestement pas le gouvernement égyptien. Plus terre à terre, le ministre égyptien des affaires étrangères a déploré qu’aucun effort majeur de la part de la diplomatie américaine n’ait été réalisé. "L'administration américaine et la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice lanceront peut-être cet effort dans les semaines qui viennent. Mais pour le moment, nous n'avons pas encore vu d'activité majeure", a déclaré Ahmed Aboul Gheit. Une conférence internationale pour la paix doit se tenir en novembre. L’Egypte craint que sans réelle volonté politique des Etats-Unis, elle n’aboutisse nulle part. Et l’enthousiasme de Bernard Kouchner n’a manifestement pas suffit à la convaincre du contraire.

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