L’Egypte s’ouvre à l'économie internationale
Le 09-09-2007 par Guillaume de Dieuleveult
"Egypt open for business". Depuis 2004 et l’arrivée au gouvernement égyptien d’une équipe d’hommes d’affaires rodés aux techniques de l’économie mondialisée, la formule est devenue incontournable.
On l'a retrouvée cette semaine sur les plaquettes distribuées par le Gafi, un organisme chargé de promouvoir l’investissement en Egypte, lors de la conférence Euromoney organisée au Caire. Slogan de cette Egypte nouvelle qui s’étale sur papier glacé, est dynamique, utilise téléphones et ordinateurs, parle couramment l’américain et boit son café chez Starbucks.
Cette année encore, la conférence Euromoney a été l’occasion pour le gouvernement de souligner les bons chiffres de l’économie égyptienne. "La croissance était notre objectif" en 2004, a rappelé le premier ministre Egyptien lors du discours de clôture de la conférence. De ce point de vue, on ne peut nier que le gouvernement ait réussi à atteindre son but.
Investissements en hausse
Les Investissements Directs de l’Etranger sont en hausse croissante depuis 2004. Selon Mahmoud Mohieddin, le ministre égyptien de l’investissement, ils auraient atteint 11 milliards de dollars en 2006. Des sommes d’argent qui soutiennent la consommation interne et permettraient de muscler l’export, tous deux en pleine forme. Le gouvernement égyptien affirme également vouloir atteindre un taux de croissance de 8 à 9% cette année. Un dynamisme qui n’a rien d’exceptionnel si l’on considère l’Egypte comme un pays émergent.
Émergent, le pays l’est aussi dans les effets de ce dynamisme nouveau. Car pour l’immense majorité des 76 millions d’Egyptiens, la croissance économique se concrétise surtout par une forte hausse des prix. Au mois d’août dernier, le centre des statistiques égyptiens, un organe officiel, faisait état d’une augmentation du coût des aliments de base de l’ordre de 12%. En août, l’inflation des prix aurait été de 8,7% en Egypte. Elle devrait encore grimper lors du Ramadan, période de forte consommation. Dans ce contexte, le pouvoir d'achat de beaucoup d'Egyptiens est en chute libre.
De cette inégalité croissante aussi l’Egypte nouvelle a pris conscience. "La qualité de la vie doit être améliorée", a lancé le ministre des finances durant la conférence Euromoney, avant d’annoncer un "programme de restructuration et d’intégration" pour 100 villages égyptiens. Les autres devront attendre.

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