À Rafah, la frontière est bien fermée
Le 01-07-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Depuis le coup de force du Hamas, la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza est fermée. Des deux côtés, la pression monte. Reportage.
La rue Salah Ed Dine, à Rafah, est coupée en deux par la frontière avec la bande de Gaza. Derrière la palissade d’acier qui coupe la route et bouche l’horizon, c’est la bande de Gaza. Des policiers égyptiens et des hommes du hamas montent la garde, face à face.
Depuis que le Hamas en a pris le contrôle, la frontière avec l’unique voisin arabe est fermée. Seuls les Gazaouis morts en Egypte peuvent la traverser une dernière fois. L’Egypte, qui soutient le Fatah de Mahmoud Abbas, a coupé le contact avec l’organisation depuis son coup de force dans la bande de Gaza. Il a fallu attendre le sommet de Charm el Cheikh, lundi dernier, et un timide déblocage de la situation, pour que Hosny Moubarak consente à renvoyer une délégation dans la bande de Gaza.
Mais pour l’instant, la frontière est toujours fermée. Côté Egyptien, le niveau d’alerte est maximal : on craint surtout que la faim ne pousse les Gazaouis à franchir la frontière. À Rafah, cette ville coupée entre l’Egypte et la bande de Gaza depuis 1982, les habitants vivent au rythme du poste frontière. Hors Israël, le passage de Rafah est la seule ouverture vers l’extérieur pour les habitants de Gaza. Il est surveillé par une force européenne qui s’en est retirée depuis le coup de force du Hamas. L’Europe considère toujours l’organisation comme un mouvement terroriste. Impossible de traiter avec elle. Résultat : plus rien ne passe entre Gaza et l’Egypte.
Officiellement du moins, car le sous-sol de Rafah est truffé de tunnels qui permettent le transfert de denrées précieuses : argent, armes et même engrais. Dans cette région en panne économique, les tunnels sont aussi une source précieuse de revenus. Il faut payer cher pour les emprunter.
Deux mille palestiniens seraient bloqués à Al Arish. En Egypte, ils seraient quatre mille en tout. Passer par les tunnels, ces réfugiés n’y pensent même pas. Lors de la prise du pouvoir par le Hamas, la plupart d’entre eux étaient au Caire pour des raisons de santé. Certains disent être en rupture de soins malgré leur prise en charge par le croissant rouge égyptien.
Plus discrets, une centaine de membres du Fatah attendent à Al Arish. Arrivés par un bateau de pêche, ils ont fui les miliciens du Hamas. Tout comme les 86 membres du mouvement de Mahmoud Abbas qui sont sous le contrôle de la police, à Rafah. Avant de retourner en Cisjordanie, ils se cachent "pour assurer leur sécurité", assure un responsable des services de renseignement.
Dernière minute
Le Hamas déploie des troupes le long de la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza
Quelque 200 soldats des forces de sécurité palestiniennes et partisants du Hamas ont été déployés dimanche le long de la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza, en vue de protéger cette région.
Le gouvernement du Hamas limogé avait appelé au déploiement de troupes dans la région pour éviter d’éventuels attentats à la bombe sur la frontière et permettre à des milliers de palestiniens bloqués en Egypte de rentrer à Gaza. Des soldats des forces de sécurité nationales (NSF) ont défié les ordres du nouveau gouvernement d’urgence et sont allés au travail à l’appel du Hamas.
Après que le Hamas eut pris le contrôle de la bande de Gaza, le président palestinien Mahmoud Abbas a dissous la coalition dirigée par le Hamas et a formé un gouvernement d’urgence basé en Cisjordanie. Le nouveau gouvernement a demandé aux employés à Gaza de ne pas travailler pour le Hamas.
Toutefois, un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoom, a indiqué à des journalistes que son mouvement "était en train de faire de grands efforts avec l’Egypte pour rouvrir le point de passage de Rafah".
Source: Agences.

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