Regards croisés sur l’environnement
Le 17-06-2007 par Guillaume de Dieuleveult
L’environnement, soucis de riches ? En Egypte, les appels à la défense de l’environnement se font entendre ici et là, de plus en plus nombreux. Alif a rencontré une journaliste et un homme d’affaires, deux points de vue différents et un même message.

Les articles sur l’environnement, à la fin de l’hebdomadaire égyptien francophone Al Ahram Hebdo, c’est elle. Depuis 1999, Dalia Abdel Salam se bat pour que perdure cette page, mineure aux yeux des services plus traditionnels du journal. "La défense de l’environnement ce n’est pas un problème de riches, cela concerne tout le monde. Et le premier problème, c’est l’éducation. Pourquoi est-ce que les gens jettent tout, n’importe où, en Egypte ? Parce qu’ils n’ont pas été éduqués. L’autre grand défit de l’Egypte, c’est l’eau. Avec une consommation de 750 mètres cubes par personne et par an, les Égyptiens sont déjà en dessous du seuil de pauvreté en eau, fixé à 1000 mètres cubes. La population explose (CF Alif N°25, NDLR) et l’Egypte utilise largement ses quotas. Comment allons nous pourvoir la population égyptienne en eau dans les années qui viennent ?"
Mohamed Youssef a peut-être une réponse. Pour ce directeur d’une société égyptienne spécialisée dans les études environnementales : "en Egypte, les grandes priorités environnementales, ce sont les ressources naturelles : l’eau, la terre, l’air. Il faut les protéger. En même temps, il faut faire face à la croissance démographique. L’Egypte est un pays émergent, mais je ne pense pas que l’environnement soit un problème d’argent. Il y a toujours des solutions "gagnant-gagnant", qui permettent d'économiser nos ressources, de protéger l'environnement et de continuer notre développement. Les réticences se situent peut-être dans les investissements préalables, pendant lesquels il y a plus de dépenses que de revenus. Mais la volonté politique existe, nous avons même un article de notre Constitution qui évoque l’environnement propre comme un droit. Et puis, internationalement, le pays doit suivre le mouvement. Il y a la pression des importateurs qui ont leurs exigences normatives, celle des conventions internationales (l’Egypte a ratifié le protocole de Kyoto, NDLR), la pression locale aussi, celle de notre limite de ressources. Car quoi qu'il arrive, nos ressources de gaz et de pétrole sont limitées dans le temps et notre eau est à surveiller. La solution à notre problématique environnementale passe donc par l'économie de nos ressources. Il s’agit d’intégrer la question de la réduction de notre consommation dès le lancement d’un projet. Tout déchet est un gaspillage : c’est un non produit… qui aurait pu être un vrai produit."

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