L’Egypte regarde à l’Est
Le 17-06-2007 par Arnaud Saint Jean
Le marché égyptien s’ouvre toujours plus à l’exportateur chinois. Et malgré une balance commerciale en sa défaveur, l’Egypte voit d’un bon œil toutes ces courbes à la hausse.
L’Egypte intègre le top 10 des pays importateurs de voitures chinoises. L’information, annoncée par la chambre de commerce chinoise, n’a rien d’une anecdote pour expert du marché. En investissant en force un secteur traditionnellement tenu par les Européens et, plus récemment, par la Corée et le Japon, la Chine confirme son offensive sur le marché égyptien. Preuve supplémentaire que les relations commerciales entre Le Caire et Pékin voguent sur des courbes ascendantes.
"Tous les investisseurs chinois sont les bienvenus" A Suez, une zone industrielle spéciale, avec des bâtiments dédiés aux investisseurs chinois. Dans les soukhs, des voiles islamiques estampillés « made in China ». Sur les calendriers, toujours la même date : 1956, année à laquelle l’Egypte devint le premier pays arabe et d’Afrique à établir des relations diplomatiques avec la république populaire de Chine. Bref, Le Caire et Pékin ne se quittent plus. Lors d’une récente rencontre avec les médias chinois, le ministre égyptien de l’investissement, Mahmoud Mohi El Din, n’a pas hésité à y aller d’un appel du pied supplémentaire : "Tous les investisseurs chinois sont les bienvenus ici et l’Egypte observe avec un intérêt grandissant la progression des investissements chinois, qui augmentent dans de nombreux secteurs."
Demain, Pékin, numéro 1? En 2006, les joint-ventures sino-égyptiennes ont représenté pour l’Egypte un investissement interne de plus de 70 millions de dollars. En tout, les échanges commerciaux entre les deux pays, pour la même année, ont atteint 2 milliards de dollars, faisant de la Chine le 29ème plus important investisseur en Egypte. Un rang que les deux parties entendent bien faire exploser, le ministre égyptien de l’Investissement, Mahmoud Mohi El Din allant même jusqu’à exprimer le souhait que la Chine devienne le principal investisseur étranger en Egypte.
Balance déséquilibrée Seule ombre à ce tableau prometteur, la balance commerciale entre les deux pays a cette fâcheuse tendance de pencher largement en faveur de la Chine. En clair, les Egyptiens achètent beaucoup plus au Chinois que la Chine n’importe d’Egypte. Face aux voitures, donc, aux équipements électroniques, procédés technologiques et autres produits manufacturés qui inondent le marché égyptien en provenance de Chine, l’Egypte a du mal à tenir le change. Certes, le coton et le granite (pour la fabrication de porcelaine) se vendent bien à Pékin, mais l’équilibre n’y est pas. Un fossé que Pékin propose de combler en liquide, via quelques investissements directs bien placés. Dernier en date : la construction, en mars dernier, au sein de la zone industrielle de Suez, d’un bâtiment consacré au service-investisseurs. Objectif : attirer toujours plus d’investisseurs chinois, en leur facilitant les démarches administratives.

rss