Numéro 85, semaine du dimanche 14 décembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Les Vigies du Nil sont de sortie

Le 10-06-2007 par Arnaud Saint Jean

Ancien correspondant en Egypte, le journaliste Olivier Bonnel est de retour au bord du Nil, avec son livre "les vigies du Nil". Une galerie de portraits très humains.

Vigies du NilParce qu'il nourrit depuis toujours les hommes et leurs légendes, le Nil ne pouvait pas ne pas l'inspirer. Journaliste indépendant installé au Caire pendant plus de trois ans, voyageur ayant connu les Etats-Unis comme les sommets afghans, Olivier Bonnel ne pouvait pas vraiment descendre le Nil comme tout le monde. De la capitale soudanaise Khartoum, dans ce sud bouillant, jusqu'aux côtes de la méditerranée, c'est le fleuve de ceux qui vivent avec, qu'il a voulu croquer. Une descente en suivant ceux qui peuplent ses berges, pour en comprendre la relation quotidienne. Une enfilade de portraits glanés sur le chemin, pour donner un visage, multicolore, mouvant, à ces eaux qui font vivre et rêver.

Périple humain. Dans « Les vigies du Nil », sorti en mai aux éditions Lonely Planet, dans la toute nouvelle collection Écrivains Voyageurs, Olivier Bonnel nous propose un regard intimiste sur ce voyage qu’il a voulu avant tout humain. "L'écriture s'est faite au fur et à mesure de mes rencontres puisqu'il s'est agit de rencontrer ces gens qui ont en commun d'avoir le Nil comme univers de vie, proche ou lointain. Ma seule contrainte était de coller au plus près du fleuve, puisque c'est le grand fil directeur de mon récit", explique l’auteur. Et quand on lui demande quelles ont pu être les plus grandes surprises de son périple, il répond que "ce sont surtout des rencontres qui m'ont marquées. Celle d'un opposant politique au régime de Khartoum à la table d'un café de Dongola (Nord Soudan), d'un musicien nubien à Abou Simbel ou d'une famille du Caucase installée à Alexandrie… Enfin, chacun m’a marqué à sa façon."

Entre pragmatisme et légendes. « Les Vigies du Nil », c’est redécouvrir la place que le fleuve occupe dans la vie de millions de personnes, au quotidien, entre pragmatisme de l’homme face à l’outil et passion du croyant devant la légende. "Le rapport des gens au fleuve est particulier. Certains n'ont pas la même appréciation que nous, occidentaux, qui le voyons comme un fleuve "historique", inscrit dans la mythologie pharaonique", souligne Olivier Bonnel. "Mais tous les personnages que j'ai rencontrés ont en commun cette perception plus ou moins avouée que, sans le Nil, ils ne seraient rien ; que leur pays, leur culture et leur civilisation n'auraient pas lieu d'être. Chez certains, comme chez les petits pêcheurs de Moyenne Egypte, de milieu pauvres ou traditionnels, là où les vieilles légendes circulent encore, c'est encore un rapport de crainte. Ce qui est fascinant quand on prend le temps de redescendre ce fleuve, c'est qu'il se rappelle sans cesse à nous, il est parfaitement immuable, tout ramène à lui."


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