Numéro 85, semaine du dimanche 14 décembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Un jardin sous la lune

Le 27-05-2007 par Arnaud Saint Jean

Voyage au pays d'Helal, bédouin un peu artiste et guide atypique. Traversée du désert blanc, entre sculptures irréelles et tournesols des sables. Voyage au Jardin sous la Lune.

jardin sous la lune 

Sans stopper le 4x4, il passe la tête par la fenêtre. Le regard se plisse davantage, fouille le sable qui défile. Et puis il s’arrête, montre du doigt un morceau de désert semblable à celui, immense, qui l’entoure. "Vous voyez ces minuscules grains de sable noir ? Ils ne viennent pas de ce désert là. Le vent les a portés et ils y restent parce que le sol est en pente légère. Même chose dans le sous-sol, on va trouver de l’eau." Une minute plus tard et trente centimètres de sable creusés, l’eau jaillit au milieu du désert blanc.

Helal a grandi dans ce désert, pays bédouin mal limité entre Nil et Libye, Oasis de Bahariya et frontière soudanaise. "Avec mon père il nous arrivait de partir plus de six mois avec les chameaux, toujours plus loin, à la recherche de nourriture pour les bêtes. Mes frères sont partis au lycée au Caire, moi c’est ici que j’ai tout appris. Et puis les voitures ont remplacé les chameaux et mon père s’est posé, préférant cultiver les dattes." Helal, lui, a suivi le mouvement. D’abord guide pour les groupes que lui envoient les hôtels, il y prend vite goût et rêve de son jardin. Un projet un peu fou, à l’image de ces sculptures qu’Helal dresse avec les fossiles cueillis dans son désert. Au lieu de participer au développement de l’oasis de Bahariya, Helal choisit une terre perdue, à trente kilomètres de là, sur les premières pierres du désert noir. Le choix n’est pas anodin : son village natal de El Haiz est tout proche, en contre bas.

Esprit poète, il plante des tournesols là ou d’autres préfèrent les palmiers. Les sources naturelles cachées sous le sable nourrissent son improbable jardin, dans lequel il cultive une dizaine de huttes bédouines, en terre et bois de palme. Un peu de cuisine locale et beaucoup de musique pour les soirées ; la famille au village pour l’accueil des étrangers et le tour est joué : le bouche à oreilles fonctionne et les touristes reviennent. Aujourd’hui, Helal emploie cinq guides et en forme un sixième. Tout y passe : orientation avec les étoiles, connaissance de la moindre pierre, conduite dans les dunes et préparation du bivouac, pour les nuits passées dehors. Des nuits sans plafond, à guetter les fennecs et écouter ces histoires d’enfance passée dans le désert, quand les petits garçons recevaient du venin de serpent pour s’immuniser et que le pain se cuisinait à même les braises.

"Le Caire ? Non, ce n’est pas pour moi. Là-bas, les gens dorment la journée et veulent vivre la nuit." Sa fille Nada, comme les autres enfants de l’oasis, devra sans doute y aller, si elle veut entrer au lycée. Haiçam, le seul fils, aimerait déjà trop le désert… la relève est en route. Sur les 40.000 habitants de Bahariya, il ne reste que 10.000 bédouins, rejoints par de plus en plus de citadins venus profiter du filon touristique. Les voitures numérotées des guides traversent la ville et les hôtels poussent un peu partout. Une aubaine économique que les Bédouins entendent maîtriser. "Ici, on ne veut pas d’un désert poubelle, comme dans le Sinai. Depuis quelques mois, on organise des opérations nettoyage, une fois par mois, pour ramasser les déchets de certains touristes".

Sans stopper le 4x4, il passe la tête par la fenêtre. Le coup d’œil est furtif. Et puis il s’arrête, saute du véhicule et ramasse une bouteille en plastique, qu’il ira jeter plus tard.

TOUT SAVOIR
Le Jardin sous la Lune
El Haiz, 30km au sud de Bahariya
+20 284 728 38 / +20 124 236 580
http://www.helaltravel.com


Commentaires

sandrine degenne

Par hasard, j'ai été au "jardin sous la lune". Ce séjour a été sans comparaison possible avec un autre séjour que j'avais pu effectuer l'année passée à Bahariya : accueil, découverte du désert, chaleur, prix... Hilal est un vrai professionnel, qui tient parole ! J'y retournerai sans hésitation, et je souhaite tous mes encouragements à Hilal et son équipe.

Dominique

Pour avoir vécu ce voyage en compagnie de Helal le Bédouin "charmeur" et du rédacteur de cet article, je vous assure que "le Jardin sous la lune" est vraiment un endroit à découvrir... Le désert blanc est une pure merveille de la nature.

Odile

J'ai vécu trois ans au Caire et j'ai moi aussi été enthousiasmée par les nombreux voyages effectués avec Hélal. C'est vrai que c'est une personnalité hors du commun. Il connait parfaitement tout le désert de l'ouest egyptien, et son enthousiasme, sa force de travail et ses qualités humaines sont étonnantes .Il sait parfaitement s'adapter à tous types de clientèles, aussi bien les tous petits, que les personnes agées ( une de mes amies nous a accompagnés avec sa mère âgée de 88 ans). Je garde vivement en mémoire mon dernier voyage avec Hélal : 10 jours pratiquement toujours hors bitume entre Baharyia, Farafra, Dakhla, Kharga,sans oublier les oasis oubliées de Labakha, Um Dabadib et, au bout du monde Ein el Amor. Je conseille à tous ceux qui ne le connaissent pas de commencer par un séjour au merveilleux "jardin sous la lune",ils tomberont sous le charme et ils y reviendront.

jean

vraiment, c'est un endroit merveilleux. l'iwish i a pu vivre là pour toujours

Nicole

Hélal comment dire ? c'est comme le désert, on tombe tout de suite sous le charme... J'ai vécu 4 ans en Egypte, au Caire, mais je peux vous dire que ce qui me manque le plus c'est le désert que j'ai pu, grâce à Hélal, découvrir de façon original. Il a su nous faire apprécier la magie des lieux, la gentillesse des habitants et son histoire. Avec 2 amies dont une ornithologue, il nous a montré les différents lieux humides pour que nous puissions découvrir l'oiseau rare...Nous l'avons soutenu pour la création de son camp "le jardin sous la lune" et nous avons pu apprécier tous ses efforts pour satisfaire ses visiteurs. Je ne peux qu'encourager vos lecteurs à découvrir ces lieux magiques, sans tarder ...

Annie

Comme il me paraît loin le temps- c’était en décembre 2004- où Hélal nous faisait part de son projet de camp. C’était notre premier voyage –découverte du Désert Noir et du désert Blanc- depuis Le Caire où nous résidons. Le site était très beau au pied d’une pyramide noire. Depuis ce jour nous n’avons pas cessé d’accompagner Hélal dans son projet. Un projet qu’il a mené tambour battant avec grande intelligence, une volonté de fer et un gros travail . Le 15 Septembre 2005 c’était la fête, l’inauguration. Beaucoup de plaisir et des émotions nouvelles à chaque séjour dans le Jardin sous la Lune et dans le désert autour. Hélal est gai, vif, fin, fidèle en amitié et il est un guide très sûr respecté par ses pairs à Bawiti. Notre dernier voyage Le Caire- Louxor par les oasis a enchanté nos amies venus de France : elles découvraient Hélal et son désert, Hélal le conteur, Hélal le musicien et elles en redemandent. Alors à quand votre tour de tomber sous le charme? Vous ne regretterez pas, vous reviendrez et vous emmènerez vos amis. Pour Siwa l’oasis oubliée ? ou Farafra et la magie de son Désert Blanc? ou Dakhla la douce ? ou Kharga la sauvage et ses forts romains ?Il peut vous mener partout ! J’allais oublier de vous dire : Hélal connaît bien la flore et la faune et en particulier les oiseaux, ceux du désert et ceux des lacs , ceux des jardins et ceux des falaises. Ornithologues, n’hésitez pas ! Hélal saura vous mener faire des coches…

Josette

Nous venions d'arriver en Egypte. Nos amis Annick et Christian nous proposent un ptit tour dans le désert. Ok. Et nous voilà dans ce beau camp, le jardin sous la lune; 30 secondes et déjà sous influence. Depuis nous y sommes retournés maintes fois toujours charmés et jamais sevrés de nouvelles découvertes. Avez-vous déjà touché les étoiles, goûté au sable chaud, découvert des roches, des formes qui n'appartiennent qu'au désert blanc? Non, alors, courez. Grand coup de chapeau à Helal qui toujours sait se renouveler. Chapeau bas à cet homme du désert. Une suissesse te dit:"tout de bon Helal". En fait le meilleur et amitiés. Josette André

Annick

Le désert autour de Baharyia et Farafra...c'est notre gros coup de foudre Egyptien. Depuis presque 3 ans que nous vivons au Caire, c'est notre destination préférée. Nous avons partagé cet enthousiasme avec de nombreux amis et à chaque fois, c'est magique car tout le monde est émerveillé. Ces paysages sont uniques au monde. De plus, Helal est vraiment un guide exceptionnel qui vous reçoit dans sa très belle oasis de verdure et qui fait de vos ballades et de vos soirées dans le désert quelque chose d'inoubliable car il vous transmet son bonheur d'être là.

Antoine

Le din't au début I pensent que mon séjour dans un camp serait une bonne idée, mais après que je sois arrivé au jardin sous le camp de lune tout changé, je l'ai appelé le paradis du désert. Et quand notre voyage fini et retourné en arrière sur le chemin j'était très désireux d'arriver car j'allais de nouveau à ma maison. J'espère retourner à plusieurs reprises

Stephanie

Je ne peux pas trouver des mots pour exprimer mon grand respect à Helal quand il a eu son grand camp dans ce secteur derrière le désert noir, je pense qu'il est un homme de génie car il est un guide intelligent, je suis sûr si vous par le passé aviez visité le jardin sous la lune, vous certainement serait venu à plusieurs reprises

Jacqueline

C'est par hasard que j'ai choisi de venir "au jardin de lune". Le nom n'y était pas étranger. Aucun regret, aucunes déconvenues. J'ai beaucoup apprécié la manière dont Helal nous a fait connaître son désert dont il est si fier. Je n'ai pas tout retenu sur le sens des différentes vagues de sable mais comme je ferai un nouveau séjour je ne désespère pas de savoir lire le langage des vagues de sable. N'hésitez pas.


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