Numéro 85, semaine du dimanche 14 décembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Croissance économique : c'est bien mais

Le 27-05-2007 par Guillaume de Dieuleveult

La croissance de l’économie égyptienne a atteint les 7% pour l’année fiscale 2006-2007. C’est la troisième année consécutive de croissance. Un bon chiffre qui ne doit pas faire oublier de profonds défis.

Les prévisions étaient donc justes. Alors que l’année fiscale égyptienne arrive à sa fin, les chiffres de la croissance ont été établis officiellement. L’économie égyptienne atteint cette année les 7% de croissance. Elle gagne un petit dixième de point par rapport à l’année fiscale 2005-2006.
Un bon chiffre qui ne fait pas tout. Car si l’économie égyptienne va bien c’est, paradoxe pour une ancienne économie protectionniste, surtout grâce à l’afflux de devises en provenance de l’étranger. L’économie égyptienne est toujours dépendante de ses ressources externes : tourisme en premier lieu, revenus du Canal de Suez et des ventes d’hydrocarbures, argent envoyé par les travaileurs émigrés, aide américaine (les chiffres à la fin). Ces quatre postes interviennent à hauteur de 20% dans la richesse créée chaque année en Egypte.

L’économie égyptienne reste donc fragile, d’autant plus que, comme le fait remarquer la mission économique du Caire, les problèmes de fond n’ont toujours pas été réglés. En premier lieu, la fonction publique, pléthorique : 5,5 millions de fonctionnaires en Egypte, dont l’efficacité et la conception très relative de la probité sont légendaires. La croissance de la population est également mal maîtrisée : près de 2% par an. Enfin, "l'effort d'investissement reste très insuffisant pour rattraper le sous-équipement en infrastructures du pays et augmenter la productivité de l'économie", estime la mission économique du Caire, qui précise qu’il devrait être porté à 25% au moins, au lieu des 17% actuels.

Les efforts de réforme du gouvernement Nazif, aux affaires depuis l’été 2004, ont pourtant porté leurs fruits. Réforme des droits de douane, nouvelle législation fiscale, privatisations… Les ministres du gouvernement Nazif ont su établir un climat de confiance avec les investisseurs internationaux.
Mais ce bilan ne profite qu’à une petite partie de la population égyptienne. Pour la majorité des Égyptiens, les réformes économiques se sont surtout concrétisées par la hausse des prix. Un des grands défis du gouvernement égyptien : assurer la redistribution équitable des fruits de la croissance.

Ressources externes de l’Egypte en 2006

Tourisme : 6,4
Travailleurs émigrés : 5,2
Hydrocarbures : 4,2
Canal de Suez : 3,5
Aide américaine : 1,9

Les chiffres sont en milliards de dollars.

Source : mission économique du Caire.



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