A Charm el-Cheikh, l'Iraq s'allège un peu
Le 13-05-2007 par Arnaud Saint Jean
La Conférence sur l’Iraq de Charm el-Cheikh a permis à Bagdad de réduire ses dettes. Un poids de moins, dans le long processus de pacification. Un outil diplomatique, aussi.
Nouri Al Maliki ne sera donc pas reparti de Charm el Cheikh les mains vides. Après deux jours de discussions avec les représentants d’une soixantaine de pays, le Premier ministre iraquien rapporte à Bagdad la promesse d’une dette publique extérieure un peu moins lourde à gérer. D’ici 2008, la dette iraquienne devrait être réduite de 80%, passant de 29 milliards à un peu moins de 6 milliards d’euros.
Ce sont principalement les pays membres du Club de Paris – groupe informel de créanciers publics, représentant les pays les plus industrialisés – qui ont consenti au plus gros effort. Comme décidé dès 2004, ces pays ont confirmé qu’ils passeraient un coup d’éponge sur près des deux tiers de l’ardoise iraquienne. Techniquement, cette remise se base principalement sur l’annulation d’intérêts et de pénalités de retard, l’annulation ou le gel de certains remboursements. La vraie bonne surprise pour Bagdad est d’avoir suscité la générosité de pays jusqu’alors éloignés de ces tractations financières : l’Espagne, la Chine et même la Grande-Bretagne ont ainsi promis leur enveloppe.
Reste maintenant à l’Iraq à se tourner vers ses plus proches voisins, créanciers moins médiatisés que les pays occidentaux mais qui pourtant pèsent lourds. En 2004, les dettes iraquiennes envers les autres pays arabes étaient estimées à plus de 45 milliards de dollars, facture non payée de soutiens directs à l’époque de la guerre contre l’Iran, dans les années 80.
Donnant-donnant
Au moment de clore la Conférence sur l’Iraq, il régnait donc à Charm el Cheikh une atmosphère de gentille euphorie. Car ces mesures d’allègement de la dette prennent place dans le cadre plus large du "Contrat d’Objectifs Communs pour l’Iraq". Une feuille de route tracée sur cinq ans, qui lie le gouvernement iraquien aux Nations Unies et à la Banque mondiale, dans un principe d’engagement mutuel vers la paix et la réconciliation nationale. L’ONU et les partenaires de l’Iraq s’engagent à l’action, symbolisée ici par la main au portefeuille, contre un engagement clair des autorités iraquiennes de respecter certains principes de base, tels que la répartition égalitaire de ses revenus du pétrole au sein de ses communautés, la normalisation des relations entre ses composantes chiites, sunnites te kurdes et une plus grande implication des femmes dans le processus de reconstruction.
TOUT SAVOIR
Le Contrat Commun pour l'Iraq
Le Club de Paris et ses engagements pour l'Iraq

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