La diplomatie française sur de nouveaux rails ?
Le 29-04-2007 par Arnaud Saint Jean
Difficile de deviner à quel point la nouvelle présidence influencera la politique étrangère française. Et les programmes des deux prétendants n’apportent pas vraiment de réponses.
C’est la grande absente de cette campagne présidentielle. La politique étrangère semble avoir été soigneusement évitée par tous les candidats. Peut-être pour éviter les embûches, peut-être aussi parce que ce terrain est le moins fertile en divergences de vues. Interrogés avant le premier tout par le journal "Le Monde" sur dix questions-clés de politique étrangères, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont fait preuve d’une rare homogénéité de ton. Contre le Soudan et face à la crise au Darfour, plus de sévérité ; pour l’approvisionnement en hydrocarbures, réduire la dépendance nationale ; pour les grands dossiers comme celui du nucléaire iranien, priorité au dialogue diplomatique et au multilatéralisme. Un coup d’œil à leurs programmes respectifs permet à peine de préciser les nuances.
Ségolène Royal – Chantre du multilatéralisme, elle se distingue des deux autres candidats sur le dossier iranien, restant la seule à s’opposer clairement à tout programme nucléaire – militaire comme civil - pour la république islamique. Au détour des cent propositions de son "pacte présidentiel", Ségolène Royal appel à "lancer avec nos partenaires européens une initiative pour une Conférence internationale de paix et de sécurité au Proche Orient". Timidement, elle se distingue aussi sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, ne fermant pas complètement la porte : "Le jour, si dans dix ou quinze ans, toutes les conditions sont remplies (…) la position du chef de l’Etat, ce sera pour l’adhésion, mais le peuple pourra très bien décider autrement." Ségolène n’a pas rencontré Hosni Moubarak lors de son dernier voyage à Paris, mais la candidate du PS s’était entretenue avec lui en 2006.
Nicolas Sarkozy – Dans son programme officiel de quinze pages, un simple paragraphe de quelques lignes seulement sur son projet de politique internationale, sans rien de plus concret qu'un souhait : "que la France pèse sur la scène mondiale et assume sa responsabilité dans la gestion des conflits mondiaux" et l'engagement de "donner la priorité à l'Afrique", notamment via une "Union méditerranéenne". Le candidat de l’UMP se distingue davantage sur sa volonté de se rapprocher des Etats-Unis. Lors d’un entretien avec Georges Bush, il a estimé que ces relations "souffrent de trop d'incompréhensions causées par un manque de dialogue et parfois par un poil de mauvaise foi." C'est dans son chapitre consacré à l'Europe que Nicolas Sarkozy se mouille le plus, en rappelant son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. A Hosni Moubarak, qu’il a rencontré à Paris en avril, Nicolas Sarkozy a promis "la continuité" de la politique étrangère française.
TOUT SAVOIR – les sites officiels :
http://www.bayrou.fr
http://www.desirsdavenir.org
http://www.sarkozy.fr

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