Numéro 85, semaine du dimanche 14 décembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


L'Institut du Monde Arabe veut s'ouvrir davantage

Le 15-04-2007 par Arnaud Saint Jean

Dominique Baudis, le nouveau président de l’Institut du Monde Arabe était de passage au Caire, avec des ambitions toutes neuves pour l’IMA, dont il entend faire un véritable point d'ancrage entre deux mondes.

IMAA peine installé à la tête de l’Institut du Monde Arabe (IMA), Dominique Baudis commence à y apposer sa marque, en forme de volonté active. Pour son premier voyage à l’étranger sous ses nouvelles fonctions, l’ancien maire de Toulouse a choisi l’Egypte, avec un programme de ministre : rencontre du président Moubarak et du ministre égyptien de la Culture, entretien avec Amr Moussa, le Secrétaire général de la Ligue Arabe. Cette visite s’inscrivait aussi dans la préparation d’une grande exposition sur le thème "Ombres et lumières sur l’expédition de Bonaparte en Egypte", prévue à l’IMA à partir d'octobre 2008.

Ne pas éviter les débats
Bonaparte et l'Egypte, un sujet potentiellement sensible, que Dominique Baudis ne tient à pas voir devenir polémique : "Il n’y a aucune réserve de la part du président ou du ministre de la Culture. Il ne s’agit pas de commémorer ou d'exalter l’expédition de Bonaparte, mais de la revisiter. Cela a été une campagne militaire, une invasion, mais d’autres choses aussi. Le rôle de l’IMA n’étant pas d'éviter les débats, mais au contraire de les organiser, c’est exactement le genre d’évènement qui nous correspond. Chacun pourra y exposer son point de vue et ses ressentis."

La maison du monde arabe en France
Dans un contexte électoral particulièrement suivi par les états arabes, Dominique Baudis a tenu à présenter l’IMA comme "point d’ancrage essentiel entre le monde arabe et la France, en particulier dans la période actuelle". Aux inquiétudes peut-être formulées par certains, face à l’inconnue présidentielle, l’objectif était donc de rassurer. "S'il y a bien quelque chose d'impossible entre la France et le monde arabe, c'est l'indifférence. L’IMA, c’est la maison du monde arabe en France et donc je vais dans chaque pays pour leur rappeler. Et comme je sens qu'il y a des interrogations pour l'avenir, je les encourage à se servir de cette caisse de résonance qu’est l’IMA."

Avec un million de visiteurs par an et 50% de recettes propres réalisées grâce aux entrées, aux ventes et aux évènements, la résonance a peut-être du coffre, mais elle manque de portée. "L’IMA, c’est loin, même en France, dès qu’on sort de Paris", admet Dominique Baudis. "On va devoir revoir notre politique vers l’extérieur, nous faire connaître, nous décentraliser." Dans ce sens, un premier pas est déjà franchi cette année, avec trois expositions de l’IMA organisées à Alger, désignée capitale culturelle du monde arabe pour 2007. "C’est une bonne chose, mais nous devons le répéter de façon plus systématique."

Revoir le budget
Aujourd’hui, l’IMA fonctionne grâce aux 10 millions d’euros d'aides publiques : 8 millions et demi de la part du ministère français des Affaires Etrangères (une somme inchangée depuis 17 ans), le reste provenant d’un fond de soutien entretenu plus ou moins assidûment par les états arabes. Mais l’IMA affiche une dette de trois millions d’euros. "J’ai bon espoir de redresser la situation", explique Dominique Baudis. "Notre principale force est notre forte fréquentation et la fidélité de nos visiteurs." Quant au trou budgétaire, le nouveau président a déjà réclamé une rallonge  de trois millions d'euros pour 2007 ; coup de pouce accordé.

TOUT SAVOIRLe site de l’Institut du Monde Arabe

Dominique Baudis, du terrain aux salons

D. BaudisNé en 1947, Dominique Baudis est un homme aux multiples casquettes : tour à tour reporter de terrain et homme politique, homme de télé et d'hémicycles.  Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, il passe une grande partie des années 70 au Liban, où il est journaliste radio et télévision, avant de devenir le correspondant de TF1 dans la région. TF1 dont il présentera le journal télévisé jusqu'en 1980, avant de prendre les commandes de celui de FR3 jusqu'en 1982.

En 1983, il est élu maire de Toulouse et député européen en 1984. Il exerce ensuite de nombreux mandats, à l'Assemblée Nationale ou aux Conseils généraux de Haute-Garonne et de Midi-Pyrénées. Très proche du mouvement centriste UDF, il monte progressivement dans l'appareil du parti. Au début des années 2000, Jacques Chirac le nomme au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), dont il devient le président. En 2003, il annonce en direct sur TF1 qu'il est accusé d'implication dans une grave affaire criminelle aux côtés du tueur Patrice Allègre. Il ne cesse de clamer son innocence et la justice le blanchira.

Fin janvier 2007, il quitte la présidence du CSA pour prendre celle de l'Institut du Monde Arabe. Son voyage au Caire était son premier sous ses nouvelles fonctions.


Commentaires

Un peintre orientaliste

Je suis tres heureux que monsieur Dominique Baudis ai ete nomme , president de l'ima a paris.En effet , monsieur Baudis connait bien le monde arabe et saura le faire apprecier du grand public C'est un homme extremement cultivé et sans a priori .Il saura diffusé le rayonnement des civilisations arabo-musulmane .Je suis moi-meme peintre orientaliste, ainsi je dessine le Maroc ancien dans ses tribus , la noblesse des attitudes des hommes et des femmes....Je serais ,evidemment fier si l'on m'offrait un jour la possibilité de montrer au public des dessins de ma composition .Je vais bientot exposer a Marrakech puis a Rabat .


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