Un terrain qui fait des vagues
Le 08-04-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Le contrat est en bonne et due forme, mais les autorités égyptiennes l’ont annulé, sans raison apparente. Accor et la NSGB devront attendre avant de lancer la construction d’un complexe de bureaux et d’hôtels place Tahrir, en plein centre du Caire. La transparence du système économique égyptien est pointée du doigt.
C’est un grand terrain au beau milieu de la place Tahrir, en plein centre du Caire. 5800 mètres carrés de friches laissées à l’abandon, entourées de palissades. Un vide à deux pas de l’hôtel Nile Hilton et du musée du Caire, qui fait tâche dans cette vitrine de l’Egypte, traversée quotidiennement par des milliers de touristes.
L’endroit risque de rester désert encore quelque temps. Le gouvernement égyptien a récemment décidé d’annuler un contrat conclu avec le consortium français Accor NSGB.
Le groupe hôtelier et la banque s’étaient unis pour un projet de complexe en plein cœur de la ville. Ils prévoyaient de construire deux hôtels de deux et trois étoiles, un centre commercial, des bureaux. Après un processus qualifié par la mission économique du Caire de "régulier et transparent", un contrat est signé fin février, le transfert de propriété est effectué le premier mars.
Quelques jours plus tard, les autorités égyptiennes en demandent l’annulation. Les sociétés françaises ont confié le dossier à leurs avocats.
L’histoire fait beaucoup de bruit dans les journaux égyptiens. Mercredi dernier, le très populaire journal Al Dostour y consacre une demi-page. Il s’agit selon le journal d’une nouvelle affaire de corruption en Egypte. Al Dostour affirme que le terrain aurait été vendu à un prix inférieur au marché. Le même jour, le journal économique Al Alam Al Yom reprend les déclarations du ministre de l'investissement selon qui l'affaire est "un modèle de transparence".
De son côté la mission économique du Caire, appelle les entreprises françaises à la prudence. "Il est incontestable qu'au cours des dernières années un chemin immense a été parcouru par le gouvernement égyptien dans le domaine de la modernisation du cadre juridique et économique des affaires. On doit cependant constater qu'il y a, parfois, un respect inégal des textes par les autorités mêmes qui sont chargées de les mettre en application", affirme Laurent Padoux, chef de la mission économique dans la "Lettre d’Egypte". "Il est clair que pour les affaires d'une certaine ampleur il est absolument indispensable de s'associer à un partenaire égyptien disposant d'un réseau puissant au plus haut niveau. C'est le meilleur moyen de prévenir les malentendus toujours possibles dans un environnement dont la transparence n'est pas encore la vertu cardinale."

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