L'honneur à portée de scalpel
Le 25-03-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Le grand Mufti de la république a récemment émis une fatwa autorisant l’hymenorraphie. C’est-à-dire la reconstruction de l’hymen pour les femmes qui l’ont perdu.
Le docteur Maher est professeur de sharia, spécialiste de l’interprétation des textes musulmans. Assis en tailleur sous les voûtes de la belle mosquée Al Azhar, il reçoit, écoute et conseille les fidèles venus lui rendre visite. Le docteur Maher accueille avec un grand sourire la question sur les fondements religieux de la réparation de l’hymen. "Si le mari apprend après le mariage que sa femme n’est pas vierge, il a le droit d’en divorcer. Il a aussi le droit de faire analyser la fille avant de se marier avec elle pour vérifier qu’elle est bien vierge. C’est très important la virginité, c’est une question d’honneur. C’est pourquoi le Mufti a dit que les filles ont le droit de se faire réparer l’hymen dans des situations où elles ont perdu leur virginité. À condition que ce soit pour une raison qui leur échappe : par exemple si elles ont fait du cheval, si on leur a donné une tape sur les fesses ou encore si elles se sont fait violer. Mais si la fille a couché de plein gré avant de se marier, elle doit dire à son mari : je suis une femme, pas une fille."
À moins qu’elle ne préfère confier son honneur perdu à un gynécologue. Pour une somme de 1000 à 1500 livres égyptiennes et sous anesthésie générale, le médecin posera une nouvelle membrane dans la région de l’hymen. Durée de l’opération : une demi-heure. Résultat : perte de sang lors de la relation sexuelle suivante.
Pour le docteur Samir Saad, chirurgien à l’hôpital anglo-américain du Caire, cette pratique est une bonne chose. "Il est très important de faire cette opération si la fille n’est pas vierge avant le mariage. Sinon la famille considérera la jeune mariée comme une prostituée. Si vous procédez à une hymenorraphie, la jeune fille va changer, elle va se comporter honnêtement."
Un avis que ne partage pas Saad Henein, gynécologue qui travaille lui aussi à l’hôpital anglo-américain. "Quoi que je l’ai déjà pratiquée, je considère que c’est une opération stupide. Ici les hommes veulent à tout prix une femme vierge le jour de leur mariage quitte à ne pas savoir ce qui s’est passé avant. On est dans le mensonge total."
Commentaires
Wissam
No comments ! c'est du n'importe quoi, on dirrait que nos mufti n'ont rien à faire !

rss