L'oncle Sam choisit l'ambiguité
Le 25-03-2007 par Arnaud Saint Jean
Coincés entre leur soutien inconditionnel au régime égyptien et les évidentes carences de la réforme constitutionnelle, les Etats-Unis adoptent un ton toujours plus ambigu.
A la veille d’une nouvelle tournée régionale de Condoleezza Rice , on imagine les diplomates américains bien embêtés. D’un côté, il s’agit de toujours flatter l’Egypte, premier allié régional et pays le plus financé après Israël. De l’autre, l’administration Bush ne peut ignorer l’actualité récente, entre l’emprisonnement du blogger Kareem Amer et la réforme constitutionnelle vivement contestée.
Un rapport qui dérange
Début mars, le Département d’Etat américain publiait son traditionnel rapport annuel sur l’état de la démocratie dans le monde. Concernant l’Egypte, un document de 50 pages reprend scrupuleusement les évènements de l’année 2006, classés par catégories telles que "liberté sur Internet", "condition de travail des journalistes" etc. … Au moment de sa publication, ce rapport avait créé la colère de nombreux politiques. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Abul Gheit, avait réfuté les reproches américains, les jugeant "inappropriés (…), les auteurs du rapport ne connaissant pas les réalités dans certains des pays, y compris l'Egypte."
L’Egypte ne respecte pas ses propres principes
Cette semaine, à la veille de la tournée régionale de Condoleezza Rice, c’est Sean McCormack, porte parole du Département d’Etat américain, qui en a remis une couche.
Rappelant que les Etats-Unis encouragent le processus d’ouverture démocratique annoncée en 2005 par le régime égyptien, le porte parole a laissé apparaître un certain scepticisme : "Je pense qu'au vu de certains amendements qui ont finalement été adoptés par la chambre basse, on peut certainement se demander si le gouvernement égyptien a en fait respecté ses propres principes."
Sean McCormack a également formulé le vœu pieu que "toute personne ayant une opinion sur ces amendements ait la liberté de s'exprimer et que ses vues soient reprises par les médias et le public", rappelant au passage qu’une telle liberté d’expression ne serait finalement que "conforme à l'engagement déclaré de l'État égyptien en faveur de la réforme politique et de l'ouverture de l'espace politique à une plus grande liberté d'expression."
Le choix de la retenue
Pas vraiment effrayé par la contradiction, M. McCormack a tout de même tenu à distribuer les bons points, estimant que, "si on s'arrête pour faire le point de la situation, on constate une tendance générale à la réforme politique, à une plus grande ouverture politique, et à une correspondance plus directe entre (...) les aspirations, les espoirs et les besoins du peuple et les actions des responsables élus." Pas question, non plus, de punir son meilleur élève.
TOUT SAVOIR - Le rapport du Département d'Etat américain sur l'Egypte

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