Nile TV: « Aucun soutien de la part de la France »
Le 18-03-2007 par Guillaume de Dieuleveult
A l'occasion de la journée internationale de la francophonie, rencontre avec Ashraf Massoud. Il présente le journal sur Nile TV, chaîne égyptienne qui diffuse des programmes en français et en anglais. Le journaliste est pessimiste quant à l’avenir de la presse francophone en Egypte. Il impute une part de la responsabilité de l’érosion de l’audimat au désintérêt total de l’ambassade de France à l’égard de cette chaîne francophone.
Êtes-vous confiant dans l’avenir des médias francophones en Egypte ?
À vrai dire je ne suis pas très optimiste. Un de nos principaux problèmes vient du fait que nous n’avons plus aucun soutien de la part de la France. En 1993, quand cette chaîne a été lancée, nous étions aidés par les responsables de l’ambassade de France, notamment par l’attaché audiovisuel de l’ambassade. Un homme très actif, qui nous aidait à faire des stages de formation en France, qui nous signalait le passage de personnalités françaises en Egypte… Grâce à lui nous étions intégrés au réseau de l’ambassade française, cela nous aidait. Depuis qu’il est parti, nous n’avons plus aucun soutien. Personne ici ne connaît le nom de l’actuel attaché audiovisuel de l’ambassade de France. C’est un comble non ? Et puis notre chaîne est en perpétuelle dégradation. Nous n’avons presque plus de publicités, nous ne savons même pas quel est notre audimat…
En quoi l’ambassade de France pourrait-elle vous aider ?
Je vais vous donner un exemple : l’ambassade des Etats-Unis au Caire met à disposition des journalistes égyptiens un studio qui fonctionne en duplex avec Washington. De là ils peuvent interviewer qui ils veulent, des hommes politiques, des journalistes américains. Je n’en demande pas tant à la France, mais au moins que l’on sente que l’ambassade est là, qu’elle sait que nous existons…
Malgré l’érosion de votre audience, croyez vous que Nile TV, et plus globalement les médias francophones en Egypte, aient encore une fonction ?
Oui, car le français reste une langue importante en Egypte, compte tenu de la suprématie de l’anglais. Notre public est composé de Français, de Maghrébins, d’Africains. Grâce à nous il peut avoir accès au point de vue égyptien sur des questions de société ou d’actualité. Dans ce sens, nous avons vraiment un rôle à jouer. Et puis il y a de plus en plus d’Egyptiens qui parlent français. Le problème c’est qu’ils connaissent la langue française mais pas sa culture. Nous essayons donc de parler de questions propres à la France, pour diffuser un peu de sa culture. Par exemple en ce moment nous faisons beaucoup d’émissions sur les élections présidentielles, les candidats…
Le fait de vous exprimer dans une langue étrangère vous donne-t-il plus de liberté que les autres médias égyptiens ?
L’autocensure existe et nous savons où nous arrêter. Mais nous pouvons traiter de sujets sur lesquels la presse arabophone ne va pas s’arrêter. Cela tient aussi à notre public, sans doute plus cultivé que la moyenne en Egypte. Globalement je trouve que depuis les élections présidentielles de 2005, la presse est plus indépendante. À la télévision, on peut évoquer des sujets plus délicats, être critiques envers une décision du gouvernement. Mais nous restons un organe officiel, nous ne sommes pas des opposants.
Commentaires
Sarathebes
Et pourquoi faire specialement un stage en France...... le nombril du monde! J'ai grand plaisir a regarder Nile TV en Francais depuis le premier jour ou je vis en Egypte et je suis en rage que la France n'aide pas plus les medias qui font un effort pour promouvoir la langue Francaise qui est en train de mourir ici en Egypte. L'ambassade de France laisse meme tomber les ecoles de ''province'' comme Louxor, Assouan etc... pour tout regrouper au Caire... CA C'EST UN SCANDALE!
joss
Votre commentaire! franchement c'est trés mauvais comme chaine tv , lugubre dans la presentation .les journalistes devraient aller d'abord faire quelques stages de journalismes et d'animateurs télé en france avant demander autre choses !

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