Commerce équitable cherche nouveaux marchés
Le 18-03-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Présenté comme le moyen de mettre en relation une production artisanale et un marché capable de l’absorber, le commerce équitable est en train de chercher un second souffle. Les réseaux de boutiques équitables ne permettent plus d’absorber l’ensemble de la production des artisans. Un nouveau défit pour un secteur en pleine maturation.
C’est le bilan que dresse à sa manière Anne-Marie Poupart-Iskandar, responsable du marketting pour l’Egypt Crafts Center (ECC). "Se dire qu’on va épuiser toute la capacité de production dans les boutiques de commerce équitable, c’est comme croire qu’un bébé requin va pouvoir grandir dans un bocal de poissons rouges…"
Créée en 1998, l’ECC est une organisation à but non lucratif installée dans le quartier de Zamalek, près du centre du Caire. L’objectif de cette organisation est "l’atténuation du niveau de pauvreté au cœur des communautés traditionnelles artisanales égyptiennes marginalisées." Moins de dix ans après sa création, l’ECC travaille avec 39 groupes d’artisans. Elle réunit des structures qui vont de la simple famille à l’ONG regroupant des centaines de bédouines. Sur l’ensemble du territoire égyptien, ce sont plus de 2 500 artisans qui bénéficient des formations de l’organisation, apprennent à mieux gérer leurs stocks, à améliorer leur qualité. Résultat : une production en augmentation à laquelle il faut trouver de nouveaux débouchés.
Objectif international En 2006, un quart du chiffre d’affaires de l’organisation a été réalisé à l’export. "C’est près de 50% de plus qu’en 2005", affirme Anne-Marie Poupart-Iskandar. Et c’est un chiffre dont la croissance devrait se poursuivre. La boutique de Zamalek n’est qu’une vitrine pour l’ECC. À l’heure actuelle, l’organisation vend des produits dans une dizaine de pays : France, Koweit, Etats-Unis, Italie… Elle compte en tout une vingtaine de clients. Des exportations en pleine croissance qui sont à l’image du marché mondial. Selon un document de l’ECC, "la moyenne de la croissance du volume de biens échangés dis équitables est d’environ 20% mondialement chaque année".
Une augmentation des échanges qui signifie professionnalisation et augmentation de la concurrence entre les organisations de commerce équitable. Et dans ce marché en pleine croissance les grands groupes commencent à être considérés comme des débouchés nécessaires. "Oui il y a un gros conflit d’idéologie entre Mac Donald et Max Havelaar (un label de commerce équitable, NDLR), reconnaît Anne-Marie Poupart-Iskandar. Mais on ne peut plus se permettre de rester au sein d’un seul réseau. Il faut être honnête : pour nous ça ne vaut plus la peine de travailler sur des petites quantités avec une seule boutique. On ne vit pas dans deux mondes, il faut que nous suivions le mouvement, il faut que les artisans s’adaptent s’ils veulent s’en tirer. Ensuite c’est à nous de sélectionner les bons produits pour les mettre dans les bons magasins, en gardant en tête que le but est d’aider les producteurs de la meilleure façon." Quand développement durable et libéralisme se rencontrent…
Pour acheter équitable au Caire
Egypt Crafts Center
27, rue Yehia Ibrahil, 1er étage, appartement 8, Zamalek
Tel: 02 736 51 23
Ouvert: samedi à jeudi: 9h-20h; vendredi: 10h-18h

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