La reine soleil s’offre les pyramides
Le 18-03-2007 par Arnaud Saint Jean
L’avant première mondiale du film "La reine soleil" s’est déroulée mercredi dernier au pied des pyramides, à l’occasion d’une soirée exceptionnelle. Une première pour un film français.
Jamais auparavant les autorités égyptiennes n’avaient autorisé qu’un film soit projeté aux pieds des pyramides. Mais rien ne résiste au charme d’Akhesa, fille d’Akhenaton et de la belle Nefertiti, princesse de 14 ans jetée dans un tourbillon d’aventures imaginées par Christian Jacq. Aidée par son compagnon de route, le turbulent Thout, "La reine soleil" n’a pas froid aux yeux et défie les inédits : première adaptation d’un roman de Christian Jacq, le film d’animation de Philippe Leclerc est également le premier à être diffusé en Egypte avant même son entrée dans les salles françaises. Distribuées dès le 12 mars, en sept copies, les aventures de la princesse Akhesa, fille d’Akhenaton, représentent la plus importante sortie d’un film français en Egypte depuis trente ans.

Le mythe Akhenaton Sous une tente dressée sur le plateau de Gizeh, ils étaient environ un millier d’invités à suivre les aventures de la princesse Akhesa, partie à la recherche de sa mère, Nefertiti, mais surtout en quête de réponses sur son père, le puissant, le mystique Akhenaton. Ce pharaon marginal et qui a tant inspiré le réalisateur : "La personnalité m’intéressait beaucoup, pas seulement parce qu’il est considéré comme l’inventeur du monothéisme, mais aussi de par sa représentation statuaire et graphique", explique Philippe Leclerc. "Akhenaton avait un aspect androgyne et se considérait à la fois comme “père et mère” de l’Egypte." Une ambiguïté que les concepteurs ont su traduire dans les traits : le roi d’Egypte, en proie aux complots de ses prêtres, apparaît tantôt puissant et intraitable, parfois prisonnier de sa propre mystique, au moment de rejoindre son dieu, au cœur de la pyramide.
Réactions mitigées Au-delà de l’évènementiel, le film en lui-même fera sans doute couler pas mal d’encre. Celle, acide, des puristes, qui pointeront sûrement les largesses prises avec l’Histoire, comme l’a déjà fait la commission mise en place par Zahi Hawas, président de l’Office des Antiquités : agacés par les "erreurs historiques flagrantes", les gardiens de la vraisemblance ont réclamé qu’une mention soit ajoutée au film, précisant qu’il "est inspiré de l'imagination de son réalisateur". Avec des pyramides dont les pointes s’ouvrent sous action divine, des pharaons aux yeux bleus et un chat possédé par l’esprit d’une reine aveugle… cette précision n’était pas forcément utile.
L’encre des critiques aussi, sans doute mitigées, à l’image des réactions du public, mardi dernier, à la fin de la projection. Les plus jeunes, apparemment ravis par les aventures mouvementées des deux héros, restaient un peu perplexe devant la complexité de l’histoire. Pas toujours capables de répondre à leurs questions, les plus grands, eux, regrettaient souvent une fin trop abrupte. Quand à l’esthétisme même du dessin, ce graphisme très net, rectiligne…l’affaire est question de goût. Christian Jacq, lui est ravi : "Ce film d'animation est une très belle étape, car je pense qu'il réunit toutes les qualités qui permettent d'intéresser aussi bien les adultes que les plus jeunes. Il me donne aussi l'impression d'être l'heureux grand-père de plein d'enfants!"
Commentaires
Audrey de l'île de la Réunion
Je n'ai pas encore vu le film. Mais s'il a déçu quiconque, je vous conseille alors de lire le livre !! Je l'ai trouvé absolument fabuleux, j'adore l'égypte et on voudrait que ce livre ne se finisse jamais !

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