Le Viagra, toujours au top
Le 11-03-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Il avait été décrit lors de son arrivée sur le marché égyptien comme un véritable phénomène de société. Depuis 2002 le Viagra, ce médicament qui traite les troubles de l’érection, s’est installé dans les tiroirs des pharmacies égyptiennes et connaît un succès confortable.
À en croire Salwa Rageb, pharmacienne à Medinet Nasr, acheter une boîte de petites pilules bleues serait désormais aussi banal qu’un tube d’aspirine. Pas forcément évident dans un pays où le sexe reste un sujet que l'on évite d'aborder en public. "Les clients me demandent ce que je peux leur proposer, ils font leur choix, il n’y a pas de gêne", explique la pharmacienne qui dit vendre une cinquantaine de boîtes par semaine. Ses meilleurs clients ? "Les saoudiens. Ils peuvent acheter jusqu’à dix boîtes d’un seul coup !"
Pas étonnant. À 27 livres égyptiennes la pilule, quatre pilules par boîte, le Viagra est un médicament relativement cher pour les Égyptiens. D’autant que les génériques en vente dans les pharmacies sont nombreux : une pilule de Viga, de Virecta ou de l’évocateur Pinagra coûte 9 livres égyptiennes. Rude concurrence pour le laboratoire américain Pfizer, pionnier du marché des troubles de l’érection. En Egypte, le Viagra détiendrait 30% des parts du secteur. Le reste pour les génériques et le marché noir.
Cela n’inquiète pas Mohamed Khalifa. Assis au neuvième étage de la tour Pfizer, près du centre du Caire, le directeur marketing pour le Moyen Orient préfère s’en tenir à ses chiffres. "Le Viagra est le numéro un des ventes en Egypte et dans tout le Moyen-Orient, dans le secteur des troubles de l’érection", explique le manager, boîte de mouchoirs estampillée de l'image de la fameuse pilule losange à portée de main. "En 2006, Pfizer a vendu 260 000 boîtes de Viagra en Egypte. Cela représente 30% des ventes sur la dizaine de pays que nous couvrons dans la région." Des chiffres que Mohamed Khalifa explique surtout par la taille du marché égyptien, pays le plus peuplé de la région.
D’après le directeur marketing de Pfizer, la santé sexuelle des Egyptiens serait dans la moyenne. Une affirmation qu’il fonde sur une étude intitulée "Global Better Sex Survey", récemment menée dans 27 pays, de la Turquie au Maroc en passant par les Emirats Arabes Unis ou l’Egypte. Pourtant, alors qu’au Koweit par exemple 46% des hommes et 49% des femmes se déclarent "très satisfaits" de leurs vies amoureuses, cette étude affirme que les Egyptiens seraient 39% pour les hommes et 41% pour les femmes.
Quelques points de moins qui expliquent peut être les bonnes performances du Viagra en Egypte. En février dernier s’est tenue à Dubaï la troisième Biennale de la Société Panarabe de Médecine Sexuelle, sous les auspices de Pfizer. Thème "Les enjeux de la santé sexuelle et ses impacts sur le bonheur dans le Moyen Orient." Le Viagra y a été présenté comme une solution permettant de redresser le bonheur des habitants de la région.

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