La Maison du Caire, l'histoire d'une femme
Le 04-03-2007 par Guillaume de Dieuleveult
À l’occasion de la journée de la Femme, jeudi prochain, Alif vous invite à lire La Maison du Caire, de Samia Serageldin. L’histoire d’une femme qui doit fuir l’Egypte pour gagner la liberté. Un roman à la limite de l’autobiographie où l’histoire de l’Egypte contemporaine forme une vibrante toile de fond.
La scène se déroule dans une de ces maisons qui fleurent bon la belle époque et la décadence fin de siècle. Une de ces villas art déco qui ont poussé, au début du vingtième siècle, au hasard des rues sinueuses de Garden City, dans le centre du Caire. Gigi vit dans un de ces palais à rebours, construits par de richissimes familles de propriétaires égyptiens vivant en équilibre entre traditions et modernisme à l’occidental.
Extrait : "La fête du sacrifice dût avoir lieu en hiver cette année là. Les moutons étaient arrivés deux jours plus tôt dans une grande confusion, un spectacle incongru dans ce quartier résidentiel du Caire. Le mouton ou le bétail étaient sacrifiés dans le domaine de la famille, mais il était aussi habituel de procéder au rituel au Caire. Cet impératif n’était jamais remis en question : c’était l’un des nombreux exemples de notre culture hybride où les normes occidentales étaient sacrifiées sans hésitation sur l’autel de la tradition. (…) J’avançai sur la pointe des pieds jusqu’à la porte de la remise, les battements de mon cœur résonnant si fort à mes oreilles que je n’entendais rien d’autre. La main serrée contre mon nez et ma bouche pour refouler un haut-le-coeur, je jetai un coup d’œil à l’intérieur…"
La scène résume le choc que cause à la narratrice de ce roman la rencontre d’une culture à laquelle ses racines la rattachent profondément, mais dont l’éducation l’en éloigne. C’est cette tension entre tradition et modernité qui crée le nœud du livre de Samia Serageldin, La Maison du Caire.
Dans ce roman qui flirte avec l’autobiographie, Samia Serageldin raconte la fuite comme seule solution pour celle qui veut être libre dans une société patriarcale. Elle raconte aussi l’impossible retour dans un pays bouleversé par les profondes mutations qui ont affecté l’Egypte depuis l’époque de Nasser.
Où le trouver
La Maison du Caire, de Samia Serageldin. 320 pages. Mai 2006. 220 livres égyptiennes.
Traduit de l'Anglais par Rose-Marie Makino-Fayolle.
En vente chez Oum el Dounia, 3 rue Talaa’t Harb, premier étage, près de la place Tahrir, au Caire. Ouvert de 10h à 21h. Téléphone : 02 393 82 73.
A signaler également : Oum el Dounia met en vente le DVD du film L’Immeuble Yacoubian. 136 livres égyptiennes.
Commentaires
Vous
le dvd : l'immeuble yacoubian est en format américain ,donc ne peut pas etre lisible en couleur par certaine télé ! de plus techniquement il est de mauvaise qualité et les sous-titres en français sont lamentables !

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