Troublante exposition à la galerie Townhouse
Le 25-02-2007 par Guillaume de Dieuleveult
Corps révulsées et visages fermés. Les images de Nermine Hammam, exposées à partir d’aujourd’hui à la galerie Townhouse, produisent un certain malaise. Elles ont été prises en plein centre du Caire. Dans une église copte où chrétiens et musulmans se retrouvent lors de séances d’exorcisme.
"Tout mon travail est fondé sur la religion", explique cette grande fille pas vraiment rassurée à quelques jours du début de l’exposition. Comment ces images représentant des chrétiens et des musulmans enlacés, souffrant et priant ensemble sous l’image d’un Christ seront elles reçues par le public ?
"Ce que j’ai voulu montrer avant tout, c’est qu’au bout du compte nous sommes tous les mêmes. Si vous remontez à la racine des religions, vous verrez qu’elles sont intimement mêlées. Mes photos montrent cette humanité et ces croyances partagées par-delà les différences", plaide Nermine Hammam.
Photographe née au Caire en 1967, elle a suivi une formation artistique à la New York University’s Tisch School of Art. Avant de travailler dans la réalisation de films, aux côtés de Youssef Chahine notamment.
Des blagues Depuis 1994, à la tête d’une société de graphisme, elle vit et travaille au Caire où elle s’est spécialisée dans la décoration des bars et des cafés « branchés » de la ville. Les blagues sur les murs des cafés "Cilantro" du Caire, c’est elle. Le style art déco de la chaîne de restaurants "Abou el Sid", aussi.
Un travail qui permet à la photographe de poursuivre son exploration des faces cachées des religions, entre photoreportage et création artistique. En 2006 c’était l’Achoura, cette cérémonie chiite où les hommes se frappent le front avec un sabre en souvenir du martyr d’Ali. Ses photos ont été exposées dans une galerie parisienne (Artmenparis) avant d’arriver sur les murs de la galerie cairote d’art moderne, Townhouse.
Exorcisme Il a ensuite suffit qu’elle entende parler "par un collègue" de ces cérémonies d’exorcisme pour que sa curiosité soit piquée. Armée de son appareil photo, Nermine Hammam se rend dans cette église copte où se retrouvent chrétiens et musulmans lors de séances d’exorcisme menées par un prêtre. Le travail qui en résulte est à la frontière entre la peinture et la photo. Les images retravaillées ont la luminosité cireuse d’un Caravage, dont l’artiste égyptienne se réclame. Elles racontent l’omniprésence du sentiment religieux et la profonde spiritualité des égyptiens.
« Palimpsest », du 25 février au 21 mars, galerie Townhouse.
10 rue Nabrawy, près de la rue Champollion. West Al Balad. 576 86 00
Site internet de Nermine Hammam

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