Numéro 81, semaine du dimanche 16 novembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Elections internes en vue au Ghad

Le 25-02-2007 par Guillaume de Dieuleveult

Un an après l’emprisonnement de son leader, Ayman Nour, et des graves crises internes qui l’ont paralysé, le parti d’oppostion égyptien devrait nommer vendredi prochain un nouveau leader.

Le parti Ghad a son siège place Talat Harb, dans un de ces immeubles art-déco défraîchis du centre du Caire. Parquet grinçant, fauteuils fatigués, statues en plâtre doré. Le décor du vieil appartement qui héberge ce parti de l’opposition égyptienne est plutôt inattendu. Et à une semaine de l’assemblée générale qui devrait aboutir sur l’arrivée d’un nouveau chef à la tête du parti, l’ambiance était plutôt calme mercredi dernier au siège du Ghad.
L’élection, prévue pour le vendredi 2 mars, représente pourtant un moment important dans l’histoire de ce jeune parti.

Décapité Le Ghad avait été décapité il y a un an par l’emprisonnement d’Ayman Nour. Le fondateur du parti avait réussi, avec un score de 7,6%, à se placer en second lors des élections présidentielles de septembre 2005. Accusé de falsification de documents, il avait été condamné à une peine de cinq ans de prison quelques mois plus tard.
Au lendemain des élections présidentielles, le Ghad avait dû en outre affronter une grave fronde interne. Il était ainsi rattrapé par une maladie commune à la majorité des partis politiques de l’opposition en Egypte. Un groupe de dissidents avait réclamé la démission d’Ayman Nour, accusé d’autoritarisme. Une assemblée générale du parti avait alors renouvelé la confiance au fondateur du parti. Les dissidents avaient réuni à leur tour une assemblée générale et annoncé la division du parti. Ayman Nour en prison, c’est finalement l’ex-ambassadeur Nagui el Ghatrifi qui avait pris le relais. Il a récemment annoncé qu’il ne se présenterait pas à nouveau.

Transition démocratique Le parti veut désormais s’acheminer vers une transition démocratique paisible. Quatre candidats postulent pour le poste de président. Leur noms n’apparaissent pas dans la liste des leaders qui réclamaient la démission d’Ayman Nour après les élections présidentielles de 2005. Le juge Morsi el Sheikh, un des meneurs à l’origine de la division du parti en deux formations a demandé sa réintégration et annoncé qu’il voulait se présenter à la présidence du Ghad. Mais le vote qui décidera de sa réintégration devrait avoir lieu après la date limite d’inscription des candidats.

Une fois acquis le nom d’un nouveau chef, le Ghad pourra peut-être se consacrer à son rôle de parti politique d’opposition. Et tenter de regagner une crédibilité dissolue dans des mois de dissensions internes.


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