Numéro 81, semaine du dimanche 16 novembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Alain Girod, nouveau directeur du DEAC

Le 18-02-2007 par Vanessa Ragueneau

Depuis son arrivée à la direction du Département d’Enseignement d’Arabe Contemporain, en octobre 2006, Alain Girod se démarque. Face aux rumeurs les plus diverses qui ont couru sur l’avenir de l’école après le départ de l’ancien directeur, il impose sa vision de l’enseignement de la langue arabe. Un nouveau départ pour l'institut.

Alain Girod, photo VRComment le maître de conférence de l’université de Provence Aix Marseille I est-il devenu directeur du DEAC, cela s’inscrivait-il dans un projet de carrière ?
Absolument pas. C’est une opportunité née d’une déception quant au fonctionnement de l’université.
Mais je connaissais et m’intéressais au DEAC depuis longtemps.

Comment s’est passé le remplacement à la volée de Frédérique Imbert, directeur jusqu’en juin 2006 ?
C’est un poste qui a failli être supprimé et qui a été recrée. C’était une opportunité, et j’ai fait le choix de postuler.
Il y a cette année une dizaine de nationalités différentes au DEAC.

Cette dimension européenne permettra-t-elle au DEAC de continuer ces activités dans l’éventualité d’un désengagement de la France ?
Ouverture à l’Europe, oui bien sur ! Voir au monde !  Mais le fait de ne pas être francophone reste un obstacle.
Quant au désengagement de la France, je ne sais pas. Mais le DEAC continuera de fonctionner notamment par le bais de la formation continue. C’est un outil fondamental pour les entreprises étrangères installées en Egypte,  pour les institutions diplomatiques... L’organisation en modules récemment mise en place permet un financement direct par le biais du Droit Individuel à la Formation (DIF).

Vous avez développé à Aix-en-Provence le Laboratoire d'Etude de la Langue Arabe d'Aujourd'hui (LELAA), qui met en avant l’intégration de la pluralité de l’arabe dans l’enseignement et l’imprégnation culturelle par la langue. L’ALEVE (Arabe Langue Etrangère Vivante en Egypte), projet controversé, est-elle la continuation logique de ces projets ?
L’ALEVE est bien sur, sous une certaine forme, la continuation du projet LELAA qui fonctionne très bien depuis sa mise en place à Aix. Mais l’idée de l’arabe langue étrangère est née il y a 20 ans. C’est « l’application du réel linguistique ». Il s’agit de s’appuyer sur une étude concrète de la langue et de ses évolutions pour rendre compte de l’articulation de l’arabe classique (utilisé principalement dans les médias) et de l’arabe dialectal. Ceux-ci ne forment qu’une seule et même langue mais avec des registres de langage différents. On peut mettre d’une manière artificielle des barrières entre dialecte et classique mais il suffit d’ouvrir les yeux pour prendre conscience que ces barrières n’existent pas. Le refus du réel est une idéologie partagée, y compris par les spécialistes Européens de l’arabe, qui continuent de séparer les deux enseignements.
La langue, écrite et orale, évolue et vit. L’arabe est une langue magnifique, adaptée aux situations du monde contemporain. L’enseignement doit en rendre compte et s’y soumettre, sinon c’est une escroquerie.

Une institution consacrée à l'enseignement de l'arabe

Fondé en 1982, le DEAC propose un enseignement intensif de l’arabe, autour de trois axes : arabe dialectal (parlé en Egypte), arabe standard moderne de presse et de littérature, arabe "classique".
Situé dans le bâtiment du Consulat français, il accueille étudiants, particuliers, membres du corps diplomatique, employés d’entreprises françaises implantées en Egypte, etc., Différents niveaux sont proposés, des cours pour débutants à l’enseignement des étudiants confirmés. Le corps professoral est essentiellement composé d’enseignants égyptiens, francophones ou non. Des sessions intensives annuelles, semestrielles, mensuelles, ou des cours du soir sont proposés. Il faut compter 10 610 L.E. (soit 1400 Euros) pour l’année, 1100 L.E. pour les cours du soir.

À la demande des institutions ou des entreprises, le DEAC met en place des sessions intensives de durée variable et des sessions de perfectionnement pour chercheurs et étudiants avancés. En 2006-2007, plus de 280 stagiaires arabisants sont en formation, dont 100 stagiaires inscrits à l’année.
Adresse : 2, Sikkat el-Fadl, bâtiment du Consulat de France, Centre ville, Le Caire. Téléphone : 02 391 21 38.


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