Numéro 81, semaine du dimanche 16 novembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


Réduction des droits de douanes pour doper l'économie

Le 11-02-2007 par Arnaud Saint Jean

Un décret présidentiel rendu publique cette semaine instaure une réduction de 25 % des droits de douane. Une mesure en droite ligne de la politique de libéralisation économique adoptée par le gouvernement égyptien depuis quelques années.

Réunis à l’occasion d’une conférence de presse, le ministre égyptien des Finances, Youssef Boutros Ghali et son collègue du Commerce et de l’Industrie, Rachid Mohamed Rachid, ont annoncé une baisse de 25% en moyenne des droits de douanes. Cette mesure, prise par décret présidentiel, concerne essentiellement trois secteurs : les investissements, les biens de consommation durables et les biens de consommation intermédiaires, comme les biens d’équipement électroménager. En tout, plus de 1100 produits seraient concernés par cette mesure, du textile à l’électroménager. Les droits de douanes seront même complètement supprimés pour les produits alimentaires et les matières premières utilisées par l’industrie alimentaires.

Le pari du gouvernement égyptien semble donc d’alléger au maximum les charges de son industrie, en espérant ainsi voir les entreprises égyptiennes améliorer leur compétitivité. Ce pari aura un coût direct quasi-immédiat, puisque privé de ses recettes douanières, l’Etat devrait enregistrer un manque à gagner direct de 1,4 milliards de livres égyptiennes. Le gouvernement du Premier ministre Ahmed Nazif, engagé dans une politique d’ouverture économique depuis maintenant 4 ans, joue sur ses résultats encourageants et compte sur la croissance soutenue pour combler cette perte de recettes. Economiquement parlant, les chiffres parlent pour l’équipe ministérielle : en 2006, le taux de croissance du PIB égyptien a doublé, passant de 3,3% entre 2001 et 2003 à 6,9% l’année dernière. Pour l’année en cours, les prévisions tablent sur une nouvelle augmentation, espérant une croissance aux alentour de 8%. Dans le même temps, le déficit budgétaire a été ramené à 3,3% du PIB en 2006, presque moitié moins qu’en 2005.

Croissance et paupérisation

Du côté des industriels, l’humeur est tout sourire. Hani Berzi, PDG du Berzi Group, leader national du marché des pâtisseries industrielles, explique ainsi que "les perspectives sont très bonnes. Sur l’année 2005-2006, le secteur agro alimentaire a enregistré une croissance de 30% et les exportations ont explosé, avec plus de 5 milliards de livres égyptiennes. Surtout, les membres du gouvernement comprennent mieux nos besoins et savent y répondre concrètement."

Invités d’une émission de télévision, les deux ministres se sont montré rassurants, rappelant que la croissance est bonne et que ces mesures visent avant tout à favoriser le consommateur égyptien et les plus démunis. Le lendemain, Ali Moselhi, ministre de la Solidarité Sociale reconnaissait une hausse du taux de pauvreté en Egypte, qui ralentit sérieusement le processus de développement du pays.


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