H5N1 : l’Egypte terre d’accueil
Le 14-01-2007 par Guillaume de Dieuleveult
La liste des victimes s’allonge. Le journal Al Gomhourya a annoncé mardi dernier que le virus H5N1 avait tué une nouvelle personne. Si cette information est exacte, le nombre de victimes égyptiennes de la grippe aviaire s’élèverait désormais à onze. Ce qui cofirme l'Egypte comme principal foyer de pandémie hors Asie.
Cette fois ci le virus aurait frappé dans le gouvernorat de Guizah, tout près du Caire. Quinze jours plus tôt, la grippe aviaire offrait un macabre cadeau de Noël à l’Egypte. Le 24 puis le 25 décembre, on apprend la mort de deux femmes d’une même famille, âgées de 30 et 15 ans. Elles sont originaires de la province de Gharbeya, au nord du Caire. Deux jours plus tard, le virus H5N1 fait une troisième victime.
D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Egypte est le plus gros foyer de l’épidémie hors Asie. Sur la planète, depuis 2003, l’OMS recensait fin décembre 258 cas de passage du virus de la grippe aviaire de l’animal à l’homme, dont 154 mortels.
Des conditions idéales pour le virus
L’Egypte cumule les caractéristiques qui en font un terrain rêvé pour le développement de l’épidémie de grippe aviaire. Le Nil est la voie de passage de millions d’oiseaux migrateurs qui fuient l’hiver pour se réfugier plus au sud. Le pays est d’autant plus menacé par H5N1 que la pratique de l’élevage domestique y est extrêmement répandue. Malgré une interdiction officielle, les familles pauvres continuent d’élever des oiseaux. Poules, dindons, canes et canards partagent toujours le quotidien de millions d’êtres humains dans les campagnes égyptiennes. La viande de volailles est la principale source de protéines pour les Égyptiens modestes. Elle représente également un revenu non négligeable pour les familles.
Dans ces conditions, le gouvernement Egyptien a renoncé à appliquer les mesures interdisant l’élevage domestique hors des grandes villes.
À côté de l’élevage informel, l’Egypte est également un pays d’accueil de l’élevage industriel de poulets. D’après la mission économique du Caire, le secteur de la « production avicole » « constitue une production clé de l’agriculture égyptienne ».
L’élevage de volailles, secteur économique clef
La production de volailles dépassait en 2004 les 650 000 tonnes, celle d’œufs est estimée à 7,5 milliards d’unités par an. L’an dernier, les autorités égyptiennes avaient réagi à l’arrivée du virus en fermant les élevages industriels et en ordonnant l’abattage de plus de 30 millions de volailles. Depuis les éleveurs ont réagi en vaccinant leurs volailles. Une mesure qui n’a pas suffit à arrêter le développement de la grippe aviaire en Egypte. « Le plus grand danger provient des petits élevages domestiques », estime un connaisseur du dossier.
Addendum: le nombre de victimes ramené à neuf
Après contre expertise réalisée par le laboratoire américain Namru 3, au Caire, et confirmée par le Center for Disease Control and Prevention d'Atlanta (Etats-Unis), l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a ramené à neuf le nombre de victimes de la grippe aviaire en Egypte.

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