Vivre en Egypte, « pour être plus près de l’islam »
Le 10-12-2006 par Guillaume de Dieuleveult
Il y a une quinzaine de jours, les services de sécurité égyptiens annonçaient l’arrestation de neuf français. Des musulmans venus apprendre l’arabe et étudier le coran dans des écoles coraniques qui seraient proches de la mouvance Salafiste. D’après le ministère de l’intérieur Egyptien, cette activité aurait caché en réalité le recrutement de volontaires pour le jihad en Irak. Tous les médias français ont repris cette information. Avec en filigrane une interrogation : l’Egypte deviendrait-elle un asile pour les musulmans tentés par des versions fondamentalistes de l’islam ?
"Je suis venue ici car on ne me permet pas de vivre l’islam en France. Et je veux donner une éducation à mon enfant." La voix au téléphone restera anonyme. C’est celle d’une ancienne étudiante de l’institut Qortoba. Une école de langue arabe installée au Caire. L’institut Qortoba est cité dans un récent rapport des renseignements généraux Français révélé par le journal l’Express en novembre 2006. Il fait état d’une montée du nombre de Français qui quitteraient la France afin de faire leur "Hijra" et vivre leur religion comme ils l’entendent.
Des cours "pas du tout" mixtes
L’institut Qortoba aurait été fermé il y a une quinzaine de jours, "pour des questions de normes de sécurité", explique la même personne. Au programme de l’école, des cours d’arabe et l’étude du Coran. L’institut propose 12 niveaux. Sur le site Internet, on peut lire que chacun "dure approximativement 7 semaines, pour 5 jours de cours par semaine, et 3 heures de cours par jour". Des cours "pas du tout" mixtes, rassure le site Internet de l’école, qui précise : "les hommes étudient entre eux avec un professeur, et les femmes entres (sic) elles avec une professeur."
Et pour les enfants de 2 à 8 ans, la crèche « Al Foussa » (ce qui signifie « arabe classique ») propose un enseignement entièrement en arabe… classique. "Enfin votre rêve devient réalité", se réjouit le site Internet de la crèche, qui propose aux élèves de l’institut Qortoba une réduction pour les enfants. Tout en les prévenant : il est "étrange de voir votre enfant parler l’Arabe classique aussi bien que ses ancêtres arabes".
Un accord entre Al Azhar et la mosquée de Paris
Difficile de savoir combien sont les Français qui décident ainsi de venir en Egypte pour vivre "plus près de leur religion" et étudier l’islam dans des instituts plus ou moins contrôlés. Mais le phénomène a poussé la mosquée de Paris à passer un accord avec l’université Al Azhar, afin d’encadrer la formation des imams français. Une université dénigrée par les salafis, qui la jugent trop modérée.
Située au cœur du Caire, tout près du souk Khan el Khalili, Al Azhar est une des plus prestigieuses universités du monde sunnite. Une lettre des services consulaires français est nécessaire pour permettre l'inscription des étudiants français dans l’université.
Le docteur Maher est un familier de ces jeunes français. Professeur de sharia, il rejette d’un bloc les écoles qui prétendent enseigner l’islam en quelques semaines. "C’est quoi cet institut ? Etudier l’Islam et le Coran, c’est très compliqué. Si vous n’avez pas la bonne formation pour comprendre ce que le Coran vous dit, vous pouvez vous méprendre profondément sur le sens de notre religion." À l’université Al Azhar, le premier niveau d’enseignement compte trois années d’études.
Le salafisme
Du mot arabe « salaf », qui signifie « prédécesseur » ou « ancêtre » le salafisme existe comme un courant depuis le début du vingtième siècle, bien que ses adeptes affirment que sa naissance se confonde avec celle de l’islam.
L’objectif des salafis est de revenir à la religion telle qu’elle était pratiquée par les « pieux ancêtres », du temps du prophète Mohamed.
Pour en savoir plus, lire l’article de wikipedia
Commentaires
HebaEl-cheikh@lectricealif.com
Un detail, peut mieux eclaircir cet article, c'est de savoir de quelle origines sont ces francais. Est ce qu'ils sont d'origine Magrebine ou non?. Car c'est une question qui peut reveler un dialem plus haut, qui s'ouvre au problematique de l'integration et les derniers troubles que la France a connu recement...

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