Numéro 81, semaine du dimanche 16 novembre 2008

le magazine francophone d'Egypte


L'économie égyptienne sort la tête de l'eau

Le 26-11-2006 par Guillaume de Dieuleveult

Les chiffres de l’économie Egyptienne sont en train de passer au vert. C’est la conséquence d’une conjoncture favorable et des réformes profondes engagées depuis deux ans par le gouvernement égyptien. Mais il reste beaucoup à faire.

La General Authority for foreign InvestmentL’économie Egyptienne verrait-elle le bout du tunnel ? À en croire les chiffres alignés début novembre par Rachid Mohamed Rachid, le ministre égyptien du commerce et de l’industrie, oui.
Premier indice, la croissance du produit intérieur brut égyptien, qui devrait atteindre 7,5% cette année. Elle s’était élevée à 6,9% pour l’année fiscale 2005-2006. Quant au déficit budgétaire, il est également en baisse. De 9,6% en 2004, il est passé à 7,9% en 2005.

Ces bons chiffres sont en partie dus à la conjoncture favorable dont l’Egypte bénéficie depuis quelques années. Malgré les trois attaques terroristes qui ont frappé les stations touristiques du Sinaï depuis 2004, le tourisme reste croissant et conforte sa place de première ressource externe de devises, avec 6,4 milliards de dollars pour l’année 2005-2006. Quatrième ressource de devises externes selon la mission économique du Caire, les revenus de l’exploitation du canal de Suez sont eux aussi en plein explosion. Ils ont augmenté de 14% sur les dix premiers mois de 2006 et rapporté à l’Egypte 3,2 milliards de dollars.

Des réformes profondes
Les réformes structurelles engagées depuis 2004 par le gouvernement Nazif expliquent également les bons chiffres de l’économie égyptienne. En à peine deux ans, le gouvernement a simplifié les procédures douanières, stabilisé la livre égyptienne et accru la transparence fiscale. À ces mesures s’ajoutent la création d’autorités administratives placées sous la tutelle du ministère du commerce et de l’industrie et destinées à faciliter l’implantation d’entreprises étrangères. Exemple : la "General Authority For Foreign Investment", qui gère le "One stop shop", un guichet unique pour simplifier les démarches administratives lors de la création d’une entreprise.
Le prochain chantier du gouvernement égyptien, c’est l’assurance. Pour l’instant 77% du secteur assurance-vie est détenu par les quatre sociétés publiques Egyptiennes. Le secteur de l’assurance est encore sous développé en Egypte. D’après Jean-Claude Guérin, PDG de l’assureur Allianz, en Egypte, ce secteur génère à peine 500 millions de dollars par an. Un comité de banques a été chargé d’analyser la situation. Il devrait rendre courant 2007 ses recommandations au gouvernement : on saura dès lors si les grandes entreprises seront privatisées et dans quelles conditions.

Vous avez dit développement durable ?
Ces bons chiffres ne doivent pas dissimuler les nombreux handicaps qui forcent encore l’économie égyptienne à marcher avec des béquilles, comme l’explique Adnan Hamdan. Pour le patron du bureau égyptien d'Arkema, une entreprise française spécialisée dans la pétrochimie et installée en Egypte, le grand problème c’est une vision à long terme. "L’Egypte doit investir dans le développement durable. Pour l’instant, c’est un domaine plus ou moins négligé. Le problème c’est que la protection de l’environnement coûte trop cher aux yeux des décideurs égyptiens. Seulement, si on fait le bilan, on se rend compte que c’est un investissement positif. Personnellement je ne crois pas que l’environnement soit une préoccupation de pays riche. L’autre point à améliorer, c’est la formation. En Egypte, on trouve la quantité mais pas forcément la qualité. Ainsi dans mon entreprise, j’ai du mal à faire appliquer les procédures de qualité. Le travail bien fait, cela s’apprend dès l’école." Un apprentissage qui se fait dans la durée et qui nécessite une réelle volonté politique.

EN SAVOIR PLUS
le site de la mission économique du Caire.
L'Antenne, le magazine du Club d'Affaires Franco-Egyptien, fera en décembre un bilan des réformes.


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