Faraka, chanteuse sans frontières
Le 26-11-2006 par Arnaud Saint Jean
A quelques semaines de la sortie de Baraka, son premier album, rencontre avec Faraka. Cette artiste qui "n’aime pas les bandes" nous invite dans son monde où les frontières n’existent plus depuis longtemps.
Dans ses veines dansent les sangs mêlés d’histoires vagabondes. L’Algérie quittée par ses parents, le Maroc d’une grand-mère et la France de son enfance. Dans ses phrases ricochent les accents de voyages lointains, entre monde arabe, Inde et Amérique du sud. Même son prénom est une rencontre. Elle le doit à sa mère, fan de Farid El Atrache, icône de la musique égyptienne des années 40. Ca tombe bien : en arabe, farid signifie unique. Un peu comme elle, première fille d’une grappe de neuf enfants. Un peu comme Faraka, l’artiste sur laquelle glissent les étiquettes. Tout juste accepte-t-elle la définition d’électro-pop orientale. "Mais ce serait dommage que les gens ne retiennent que l’aspect oriental." Petite réserve à l’image de Faraka, qui se définit comme "anti-ghettos", à la vie comme en musique : "en 2006, il serait temps d’arrêter de parler de frontières dans la musique." Dans son album elle jongle avec l’arabe et le français, infiltre des sonorités gnawa et du Soudan. Parfois jazzy, parfois électro, les titres se déplument au fil des écoutes. Peut-être parce qu’avant d’exister, ces morceaux ont longuement maturé. "La musique doit se vivre comme un film, qui se révèle toujours plus, au fil des visionnages."
Koulo tamtam
Elle, en tout cas, a su prendre son temps. "Cet album, c’est le fruit de dix ans de voyages et de rencontres." Une tranche de vie que Faraka a su rendre sinueuse comme un sentier d’aventurier. Chant, danse et cinéma, même…les chansons défilent et reflètent la variété des épisodes traversés. "J’ai toujours eu ce goût pour le mélange, parce que c’est mon identité, mon héritage culturel." Le titre Baraka, qui donne son nom à l’album, reflète cette inspiration puisée dans le quotidien : "quand j’ai débarqué en Egypte, les gens me disaient toujours "Koulo Tamam" ("tout va bien") et moi je m’amusais à répondre "koulo tamtam". J’en ai fait une chanson hybride." Dans Onomotap, c’est le brassage des langues qui baignait son quotidien parisien et qui, à force de l’imprégner, a donné ce texte à la langue inconnue. Dans ce titre, la flûte répond à un oud saturé… par Farida elle-même, très à l’aise sur cette guitare arabe. Mais à l’image de Björk, qu’elle cite entre autres inspirations, la voix demeure son premier instrument, "un des plus difficiles à maîtriser, mais aussi le plus beau."
Les dernières finitions apportées et Baraka devrait sortir avant la fin de l’année. "Ensuite, j’aimerais tourner un peu. Ce serait l’aboutissement de tout ce travail d’équipe." Cette amoureuse de la scène, qui a eu la chance de jouer avec Fati Salama, ne conçoit pas la musique sans partage. Ce qu’elle a à offrir ? "De l’optimisme et un peu de légèreté, dans ce monde où l’on se prend un peu trop au sérieux, où l’on s’occupe plus des ego que de ce que nous avons à donner."
Baraka, l'album
"C’est un peu de la popotte maison, mais au moins je suis complètement indépendante." Entièrement autoproduit, l’album Baraka est en cours de mixage et devrait sortir avant la fin de l’année. Pour cet album de 12 titres, Faraka a su s’entourer. Aux arrangements, on retrouve Jérôme Coullet, bien connu dans le monde du cinéma pour ses compositions de musiques de films ("Promenons-nous dans les bois", "A la folie … pas du tout", "Zonzon"…) Vincent Artaud, révélation française des dernières Victoires de la Musique et qui participe au dernier album d’Henry Salvador, s’est également invité, pour quelques notes de contrebasse.
4 titres en téléchargement sur Fnac Musique. Plus d'infos sur le site de Faraka.

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